12 août 2012

Grand Master Drill c'est fini... Ou presque !

Après 4 ans de bons et loyaux services dans les reviews d'albums Hip-Hop, il est temps pour moi de tourner une page. Est-elle définitivement tournée ? Non et je reviendrai très vite donner des nouvelles concernant mes nouvelles aventures, toujours est-il que je n'abandonnerai pas les chroniques mais je souhaite revenir en alliant aussi d'autres points d'intérêt comme la reprise de mon encyclopédie Hip-Hop...

Bref, je remercie tous ceux qui m'ont soutenu et/ou lu, et j'espère que vous me suivrez sur mon prochain projet. RDV à la rentrée, en attendant je vais chiller sur une piscine du Morbihan (et rien à foutre s'il pleut, je chillerai en tongue jusqu'au bout...)

14 juin 2012

J57 - 2057 (2012)




Retour au bon vieux standards : l’EP, ce demi album, cette introduction qui ne peut décevoir ou qui au bout de deux tracks ratés oblige à skip et laisser la carrière du mc aux irréductibles qui y trouveront leur compte (et son compte Facebook). Dans une période riche en extrait et pauvre en LP, l’EP permet de rehausser le niveau et surtout de renouveler la donne. Et avec un peu de chance, vous aurez 80% de chance de pouvoir le télécharger en toute légalité pour que dalle, effet carte de visite ou carte de fidélité garanti (quoique la formule je te vends de la daube sur EP marche très fort en France, on remercie encore une fois le gotha parisien pour sa sensibilité artistico-financière). Besoin d’une dose de rap new-yorkais sur une base de production boom bap à la DJ Primo le tout en condensé et gratuit ? 2057 l’un des  deux EP lâchés par J57 devrait largement répondre à votre envie, en plus de faire un spécial focus sur le Brown Bag Allstars, crew qui ne doit pas sa formation à leur quartier d’origine mais à leur ancien lieu de travail : Fat Beats (RIP).

13 juin 2012

Morad - Le Survivant (2012)



De 1977 à 2012, de Gare du Nord à Barbès, itinéraire d’un enfant d’entre deux siècles, chahuté entre les années de galère et les années de rupture, esseulé dans une tragédie urbaine de toute une génération. Le tracé d’un gars qui a quitté une ligne de poudre pour une ligne d’encre. Morad, Scred Connexion, membre du crew le plus connu des inconnus, dernière cartouche d’un fusil discographique bien servi, vient clôturer la boucle des solos avec un album intime et sans excuses, Le Survivant, chronique d’une caisse criblée de balles  dans un Paris apocalyptique où la rédemption ne tiens qu’à un fil.

6 juin 2012

La Rumeur - Tout Brule Déjà (2012)



Dans une France d’entre deux tour(nante)s éprise par le choix du moment comme une jeune jouvencelle devant ses courtisans, la tête de la prochaine présidence se décidera entre deux hommes avec son lot d’espoir et d’amertume mais toujours avec cette même recette tant de fois cuite et recuite et qui laissera un amer goût de graillon dans la bouche... Une nouvelle marche à écrire dans les livres d’histoire afin d’alimenter l’assouvissement républicain d’un pays qui préfère regarder ses pieds que sa décrépitude actuelle (ou tout simplement fermer les yeux face à un passé aussi fumant). Au milieu de ce tintamarre politico-médiatique où l’on recherche encore la place du citoyen dans cette explosion d’hormones et de mirages,  l’ex-fanatique de musique remplacé par le pro du réassort emménage la tête de gondole du rayon rap de la FNAC avec un album au titre aussi direct qu’un adieu sur une pierre tombale : Tout Brûle Déjà. La Rumeur, froide, réaliste qui revient gratter les tympans en pleine période présidentielle, se convertirait-elle en buzz ??? En tous les cas, les artistes bien pensants et autres défendeurs des grandes causes humanistes doivent se frotter les mains en fantasmant sur les prochains épisodes politico-juridiques qu’ils pourraient vivre par procuration. Pourtant derrière  cette atmosphère de carcasse fumante et carbonisée se cache un nouveau virage, le pas de plus ou le recul, l’heure de sortir les armes ou résignation des grand messieurs du rap français, dans tous les cas Tout Brûle Déjà ne laissera personne indiffèrent. 

25 mai 2012

DJ Brans - The Branstorm (2012)





Des actes manqués, des rendez-vous ratés, il en existe continuellement, recherchés ou inattendus, il est dur d’y échapper. Si il y avait un acte manqué (avec Self Induced Illness de Meyhem Lauren) à retenir en 2011 en tant que chroniqueur, le viseur arrêterai surement sur l’ EP Start Ya Bids du duo de Baltimore Dirt Platoon produit entièrement par le français DJ Brans, surprise de 7 titres sortis en fin d’année dernière. Acte manqué surtout quand on peut se rendre de la sueur lâchée pour défendre leur projet en première partie d’Action Bronson à Paris devant un public toujours aussi méprisant (surement plus intéressé à se prendre une bonne vieille quenelle par un gros roux alcoolisé et incapable de finir un titre de son répertoire). Dur de revenir en arrière donc autant parler du présent et ça tombe bien puisqu’après DJ Low Cut, DJ Brans vient nous lâcher The Branstorm, sa compile New York-Paris toujours supporté par sa structure Effiscienz.

21 mai 2012

Kyo Itachi & Ruste Juxx - Harbodie Hip Hop (2012)




Décidément, la scène rap contient des spécimens vraiment rares dans leur genre, mcs du dimanche ou simples amateurs sans réel but, beaucoup sortent comme ils sont rentrés c'est-à-dire par la porte « anonyme » pendant que d’autres, doigts de pied en éventail, prennent leur temps pour se lancer réellement. Dans la catégorie « lay low mec, on a tout le temps », le boucher de Crown Heights est surement un des leaders (espèce de Lino à l’américaine), découvert sur Magnum Force des Heltah Skeltah (donc il y a presque 14 ans) puis sur les 12’’ de Bellamy réédité sous format CD en 2009 sous l’appellation East Flatbush Project : First Overdue (Masterpiece), il faudra attendre 2008 pour qu’une première pierre soit posée ce qui fut bien malheureux pour nos oreilles (Indestructibles). Pour autant, la fusée était lancée et les projets pour ce mc à la réputation guerrière au mic s’accumulent en moins de 2 ans : le projet The Exxecution avec le canadien Marco Polo avait fait monter la sauce mais pas assez pour que l’on outrepasse  l’Epic Fail que fut Adamantine avec Endemic (très vilain). Fin 2011, Ruste Juxx nous avait laissé avec une belle égalité : une bombe, une bouse. De l’autre côté de l’Atlantique, un beatmaker lui accumulait les succès d’estime, son nom Kyo Itachi, beatmaker mixant manga et son US, il avait tapé un grand coup avec son Musikyo avant d’enchainer les projets avec LMNO et Irealz à vitesse grand V. Bref, si il y a peu de choses qui au départ semble les lier, les deux gars viennent de manger du champignon façon Mario Kart tellement ça speed niveau actualité.  Encore faut-il ne pas brasser de l’air et proposer des produits de qualité, ne pas confondre vitesse et précipitation malgré le dicta de l’expression « Buzz ».

14 mai 2012

DJ Low Cut - NY Minute (2012)




One false move or one good move, everything change for you, at any minutes you can be over or can be at the top… Everything can change In a new york minute… La New-York minute c’est cet instant où tu décides de débarquer de ta banlieue française natale au bitume crado des  5 boroughs. Cet instant où tu te dis que toutes tes influences prennent forme autour d’une ville, ce moment où tu crois que la roue va tourner et que la reconnaissance va te fracasser plus violemment que ces années dans l’anonymat. Mais ce temps de rien du tout peut être aussi le moment où tu t’écroules définitivement, cet instant où tout bascule dans l’obscurité…

10 mai 2012

Ka - Grief Pedigree (2012)

 
Sorti sans réelle promotion, la bombe Marcberg avait très vite infiltré les conduits auditifs des auditeurs de rap US. Retour d’un rap purement Boom Bap et nostalgique, le Marcberg soufflait alors comme une brise nouvelle (alors que dans le fond, Roc Marciano reprenait à son compte les ingrédients des 90’s). Additionné par un travail d’orfèvre aussi bien à la production et à l’écriture, l’association du mot « classique » avec Marcberg commençait à faire son chemin. Statut toujours contesté et cela logiquement, par manque de recul, Roc Marciano et son premier effort en restent pour autant une déflagration sonore sans commune mesure depuis 10 ans. Devenu le centre du rap, chaque apparition de Roc Marciano crée le buzz et fixe les projecteurs sur sa personne (une vraie rampe de lancement pour les newbies). Quant à l’influence musicale et l’esprit que véhiculent Marcberg, il suffit de suivre l’actualité musicale sur la toile pour se rendre compte du nombre de petits qu’à engendrer cet album. Dans cette catégorie et avec une réelle légitimité puisque le mc est le seul et unique invité du Marcberg, Ka rebondit sur l’occasion pour nous livrer Grief Pedigree. Album complémentaire ou juste copie sans âme du Marcberg, le pari est osé pour ce mc natif de Brownsville et old-timer de surcroît.

26 avr. 2012

1995 - la Suite (2012)



Petits parasites indélébiles que l’on croit crasseux et contaminant toutes les classes sociales, on fait tout pour les éradiquer mais leur acharnement à survivre et à nous emmerder semble naturellement plus fort. Vous pensiez que cette chronique allait faire l’apologie des poux et bien grosse erreur car pire que les acariens c’est bien du groupe 1995 qui l’est question.  lors qu’est-ce qui pousse cet anonyme du web à focaliser ses critiques sur cette nouvelle génération ? (parler à la 3ème personne = swag) et bien simplement que l’on ne peut s’empêcher de les écouter afin de chercher la petite bête. Pourquoi ? Parce que la recette d’un 1995 est exclusive, elle n’a ni base réelle ni limite absolue. Laissez tomber les recettes grand-mère, ici c’est une marmite de tout et de n’importe quoi que nous offre depuis leur explosion les ex-P.O.S. Crew. Alors quand La Suite déboule c’est aussi bien le couteau aiguisé du head de la vieille école que la curiosité malsaine d’un spectateur face à la dépouille d’un rap français pris de spasmes soudain qui se penche dessus.

19 avr. 2012

Ran Reed - Respect The Architect 1992-1998 (2012)




DJ Premier, Lord Finesse, Buckwild, RZA, Large Professor, des noms facilement assimilables au rap et plus précisément à l’art du beatmakin’ pour tout connaisseur rationnel. Toute une génération qui a su, et mérité, d’attirer la lumière sur leurs travaux respectifs. Et puis comme par tradition du diggin’, il y a la face b des producteurs, les artistes talentueux mais pas forcément  stratèges ou tout simplement malchanceux. Les Bellamy, DJ Mighty Mi, Da Beatminerz au choix dans une liste exponentielle font partis de cette face b. En creusant, un peu on trouvera associé aux légendaires Cella Dwellas (légendaire mais surtout underrated) le producteur Nick Wiz, plus qu’un simple  producteur associé à un groupe Nick Wiz est au Hip-Hop ce que Chester Hime est au polar noir, un artisan des ténèbres qui puise sa créativité dans l’obscurité de la matière. Point que James DL Ellison a très vite perçu et que ce listener-entrepreneur a su mettre en avant dans le catalogue musical de son label No Sleep Recordings à côté des grands noms du D.I.T.C. ou même des valeurs sures actuelles comme Celph Titled. Bon flaire (comme à chaque fois) puisque James DL Ellison a pu ainsi récupérer de quoi  lâcher la série des Cellar Sounds avec un nombre incroyable d’unrelease d’une qualité sans égale (qualité que l’on retrouve sur l’ensemble de la série For Those That Slept distribué par le label). Une fois le bon filon trouvé autant continuer de digger, surtout que cette fois-ci la chasse a permis de déterrer 21 tracks enregistrés avec Ran Reed, mc satellite des Cella Dwellas qui n’a pas su porter sa carrière plus loin que des apparitions diverses. Respect The Architect a donc une double mission : continuer à démontrer le talent de Nick Wiz et permettre à un mc oublié de marquer le mouvement par un album.

10 avr. 2012

Lushlife - Plateau Vision (2012)



Arborée la double casquette de producteur et mc n’est pas chose aisée et surement pas un gage d’un quelconque talent. Qu’importe les années, peu de figures emblématiques peuvent se vanter d’avoir un niveau microphonique égal à celui des manettes et que ce soit l’un ou l’autre il y a toujours un domaine qui en pâtit. Certains comme dans le passé Large Pro ou plus actuellement Roc Marciano ont réussi à trouver l’équilibrage parfait pour rendre un projet consistant. D’autres comme RZA (surement le seul artiste rap à double casquette capable d’alterner médiocrité dans les deux domaines) se voit malmené par et souvent rabaissé de part cette faiblesse. Malgré un premier jet sous le nom de Cassette City plus qu’intéressant musicalement parlant, Lushlife se trouvait catégoriser directement dans ces artistes très peu consistant au micro (lyrics et flow) mais avec une pate musicale intéressante (souvent lié à un répertoire musical indie-rock). Assez discret depuis, il revient en ce début d’année avec un nouvel album : Plateau Vision.

5 mars 2012

Camiliano - Thoughts Become Words, Words Become Music (2012)



Comme une envie de légèreté ? Les longs mois de grisaille hivernaux ont renforcé votre besoin de couleur et la surconsommation de boom bap gonflés au bitume vous étouffe (bizarre…)? L’effervescence actuelle du Queens devrait pouvoir répondre à ce besoin de break. Pas besoin d’e-digger très loin, ni de rencontrer son banquier pour un prêt, Camiliano refourgue gratuitement et pour la bonne santé de vos oreilles son projet de 10 morceaux intitulé Thoughts Become Words, Words Become Music. Le nom de Camiliano ne vous dit peut être pas grand-chose, pourtant le natif du Queens commence à se faire un nom de part ses divers collaborations sur mixtape mais aussi grâce au projet Dues Been Paid en collaboration avec Rod Da Blizz et Thruway sorti en fin d’année dernière. Très Boom Bap, ce premier projet valait son coup d’oreille sans pour autant combler…

28 févr. 2012

Rashad & Confidence - The Element Of Surprise (2011)



 2011 est belle et bien terminée, premièrement parce qu’on est déjà fin février 2012 et de deux parce que même si je prends mon temps pour écouter les galettes avec un nombre d’écoute raisonnable (daube ou non, faut être sur même quand ça sent des pieds), il est temps de boucler cette année musicale. La question d’un bilan s’est posée mais au final pourquoi ne pas comparer l’année à l’album référence. Car oui, comme chaque année, il y a toujours un album gagnant et comme de nombreuses années, le gagnant est souvent un inconnu (cela n’engage évidement que moi). Si l’enchainement des feat. en 2011 pour Roc Marciano ne laisse aucun doute de la portée de son opus Marcberg en 2010, les gagnants de 2011, car ils sont deux, risquent d’avoir une exposition moindre. Rashad and Confidence, inconnus au bataillon, ont donc lâché à la surprise générale The Element Of Surprise, titre pour le coup bien trouvé ! Mais qu’en est-il au final de la qualité intrinsèque de cet album et par comparaison des sorties 2011 ?

23 févr. 2012

Guizmo - Normal (2011)




Aujourd’hui dans maison à vendre nous nous rendons en banlieue parisienne et plus précisément dans le 92 à Villeneuve la Garenne petite bourgade de 25000 âmes. Proche de l’autoroute A86, sa proximité avec Paris en fait une ville adéquate pour accueillir de jeunes familles. Nous nous invitons chez Régine et Bernard couple de retraités qui souhaitent vendre leur pavillon afin de s’exiler dans le sud et donc profiter d’un climat bien plus méditerranéen mais voilà avec plus de 2 ans  dans le circuit des biens à vendre aucune proposition n’a été formulée. Alors prix de vente trop haut ou intérieur peu avenant ? Le mieux est de se rendre au chevet  de nos deux petits retraités :

-       -    Alors Régine et Bernard, après une première visite, on a du mal à comprendre pourquoi votre bien ne trouve pas acquéreur. Prix calqué sur celui du marché de l’immobilier et intérieur soigné malgré un manque évident de couleur chaude comme un jaune pisse taupe ou un bon vieux rose aubergine, je veux bien faire appel à ma bitch d’intérieur une fois que mon soce Mac lesggy aura arrêté de la faire tourner dans toutes les maisons de France mais je doute de notre efficacité !
-     -     Ah non mais Stéphane le problème est pas à l’intérieur  mais à l’extérieur c’est notre voisin Guizmo,  c’est vrai névrosé psychopathe pire qu’un Gremlins l’animal. Encore un africain vous me direz !
-      -    Oula du calme Bernard, on n’est pas sur la une.
-       -   Non mais regardez dehors y a des cadavres de JB’s partout sur le sol, il fait des barbecues avec des pneus arrosés de white spirit, il organise des tournantes tous les soirs avec son cru là l’Entourage ou je sais quoi. Il jette ses préservatifs usagés sur nos fenêtres et tague nos murs avec des phallus. On a même retrouvé des mégots dans les selles de pépette. Faut le virer ! En plus il fait du rap de racaille et écoute en boucle son album Normal en continuant à nous ruiner la vie et la santé.  Faut le fumer à la chevrotine le gosse Stéphane, y a deux semaines on a fait appel à Pascal le Grand Frère, cet enfoiré s’est fait un collier avec ses chicos !!!

16 févr. 2012

Brother Ali - The Bite Marked Heart (2012)


 
Il est surement l’artiste le plus régulier de ces dix dernières années. Opérant dans un registre plus humain du rap game, Brother Ali se présente comme un preacher, un conteur des temps modernes qui face à l’indifférence et autres ségrégations vient prêcher l’amour et la solidarité (putain je devrais faire des synopsis). Albinos et musulman, Brother Ali a su faire abstraction des critiques post 11 septembre pour lâcher une discographie qualitativement fournie qui a donné ses lettres de noblesse au label Rhymesayers (en plus d’Atmosphere), un nom prépondérant sur la scène rap des dernières années. Brother Ali s’est aussi l’alchimie entre un mc et un producteur créatif Ant du groupe  Atmosphere qui en 3 albums ont su conquérir une fan base conséquente. Histoire de la jouer provoc sans chercher la comparaison musicale (surtout en terme d’influence et de technique) : Brother Ali et Ant c’est la version post 2000 de Jeru the Damaja et Dj Premier : un laboratoire du nom d’Atmosphere/Gangstarr dont on retire le meilleur et que l’on transpose à un autre artiste. Et voilà que comme Jeru (mais pour des motifs bien autres), l’oiseau décide de prendre son envole  puisque sa prochaine mouture devrait être probablement produite entièrement par Jake One autre producteur résident du label sous le nom Mourning in America, Dreaming in Color. En attendant son arrivée et comme à son habitude le Brother Ali vient lâcher un EP en guise d’apéro : The Bite Market Heart.

14 févr. 2012

Timeless Truth - Brugal & Presidentes (2012)




Avec un temps aussi dégueulasse que celui subi ces dernières semaines, il valait mieux rester bien au chaud chez soi à digger sur le net afin de trouver la perle de ce début d’année. Mais voilà, comme tout e-digga qui se respecte la fermeture du site Megaupload a eu un effet néfaste sur toute la bonne volonté que vous auriez pu y mettre. A cela, ajouter le fait que le mois de janvier soit un mois assez merdique musicalement, il ne vous reste alors que deux choix possible. Soit vous retapez l’ensemble de la discothèque de Whitney Houston afin de communier avec la communauté des chanteurs pop-RnB endeuillés au risque de vous péter les tympans par le nombre incommensurable de bouses à se taper soit digger comme un gros porc et préférer n’importe quel projet lambda à la bouillabaisse mortuaire qui vous attend. Et avec un peu de chance, vous pourriez tomber sur l’EP Brugal and Presidentes qui n’a rien avoir avec le dernier Taco à la mode de chez Taco Bell mais l’œuvre du duo Timeles Truth. Mais attention  comme le nom du groupe le laisse présager des dossiers seront ouverts et des vérités ne seront pas toujours bonnes à dire...

8 févr. 2012

Mr JL - Maintenant Tu Sais Qui Je Suis (2011)




Atypique est le premier mot qui viendrait à l’esprit pour décrire Mr JL. Atypique, car Mr JL n’a pas de style à vendre ni une soif ultime d’être constamment sous les projecteurs. Atypique car le personnage n’alimente aucune frustration face à ses années de travail peu récompensées.  Atypique car derrière ce mètre 90 sec, se cache un mec timide peu à l’aise face au compliment à la sortie de ses premières parties. Atypique car derrière un flow carré et un style d’écriture pointu, Mr JL est aussi une voix et cette voix est aussi bien un atout qu’une faiblesse. 

Emblématique est le premier mot qui viendrait à l’esprit pour décrire DJ Seck. Emblématique car DJ Seck c’est une partie de l’histoire du rap français qui s’est écrit avec lui. Emblématique car DJ Seck n’a pas besoin de vivre au travers la gloire des années dorées du Time Bomb pour subsister. Emblématique, car DJ Seck reste le producteur capable de ressortir toute la personnalité d’un artiste aux travers de ses productions  boom bap bien obscures.

3 févr. 2012

MOP/Snowgoons - Sparta (2011)



Cette chronique aurait pu commencer comme cela « 2011, Brownsville aka Sparta, alors que le monde du  rap est envahit par la cupidité et la corruption, deux guerriers héroïques vont faire front jusqu’à la mort pour stopper ces hordes barbares de la nouvelle ère.  Madness ? This is M.O.P. !!!!! ». Non, M.O.P. n’a pas besoin d’être pastiché et la référence Sparta n’est pas une surprise compte tenu du caractère guerrier qui alimente les fondements du groupe. M.O.P. c’est ces deux gros mcs bien bourrin qui entaillent les oreilles à coup de beat barbare en braillant un flow bestial faisant  ressortir toute l’animosité de l’auditeur. Deux mcs féodaux pour un  rap brut et anarchique, une disco de mercenaires et des morceaux anthologiques qui ont provoqué plus de pogo que certains groupes de hard-rock. En clair dans le paysage rappologique, M.O.P. est à la découpe bovine ce que Drake est à la maîtrise des aiguilles en couture. Mais attention avec un parcours très physique, il faudra que Lil Fame et Billy Danze fassent fis de l’usure du temps et ne courbent pas l’échine dans la confrontation. Sparta sera-t-il la dose de hardcore nécessaire pour clôturer une année musicale bien mollassonne ?