Cette chronique aurait pu commencer comme cela « 2011, Brownsville aka Sparta, alors que le monde du rap est envahit par la cupidité et la corruption, deux guerriers héroïques vont faire front jusqu’à la mort pour stopper ces hordes barbares de la nouvelle ère. Madness ? This is M.O.P. !!!!! ». Non, M.O.P. n’a pas besoin d’être pastiché et la référence Sparta n’est pas une surprise compte tenu du caractère guerrier qui alimente les fondements du groupe. M.O.P. c’est ces deux gros mcs bien bourrin qui entaillent les oreilles à coup de beat barbare en braillant un flow bestial faisant ressortir toute l’animosité de l’auditeur. Deux mcs féodaux pour un rap brut et anarchique, une disco de mercenaires et des morceaux anthologiques qui ont provoqué plus de pogo que certains groupes de hard-rock. En clair dans le paysage rappologique, M.O.P. est à la découpe bovine ce que Drake est à la maîtrise des aiguilles en couture. Mais attention avec un parcours très physique, il faudra que Lil Fame et Billy Danze fassent fis de l’usure du temps et ne courbent pas l’échine dans la confrontation. Sparta sera-t-il la dose de hardcore nécessaire pour clôturer une année musicale bien mollassonne ?
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3 févr. 2012
4 nov. 2010
Main Flow - Return Of The Castle (2010)
Mesdames et messieurs si je me présente devant vous en tant qu’avocat de la défense de Main Flow ce n’est pas pour laver de tout soupçon mon client mais bien pour rationaliser les charges retenues contre lui. De quoi mon client est-il réellement coupable ? D’avoir une oreille musicale merdique et d’avoir sorti un projet à la hauteur de ses goûts ? Nous ne pouvons pas le renier car Return Of The Castle est bien le résultat d’un travail bâclé et à la limite du foutage de gueule. Mais pour autant peut-on qualifier cet effort de bouse de l’année ? Je ne le pense pas et pour vous prouver mes dires je m’avance devant vous afin de prononcer mon réquisitoire qui avec les éléments de défense argumentés ne pourra plus immiscer un doute dans vos esprits et quand le moment sera venu de prononcer la sentence, le résultat ne pourra être que l’acquittement sur l’ensemble des griefs retenus contre lui.
14 mai 2010
Chief Kamachi - Clock Of Destiny (2010)

Tapie au fond de la Sacristie, le prêtre Kamachi attend en silence son passage à l'acte. Enfoui dans sa réflexion, il sait d'avance que le combat est loin d'être gagné. Comment ramener les brebis égarées quand son âme slalome entre l'enfer et le paradis ? Armé de son flow, Kamachi ne peut que compter sur lui-même, ses anciens disciples de l'AOTP semblant avoir tourné le dos à la lumière et son père spirituel, Killah Priest, le laissant voler de ses propres ailes, c'est sa croisade spirituelle qu'il va devoir mener en solitaire. Mais cette fois, il faut toucher un public plus élargi avec un prêche plus universel mais toujours aussi aiguisé par la noirceur de la réalité. L'heure est arrivée, les fidèles sont venus en masse intrigués par le profil de se prêtre mi-ange mi-démon. Un silence comparable à celui des cimetières remplie l'église, debout à la croisée du transept Kamachi jette un dernier coup d'œil aux chœurs, perchés au-dessus du jubé les Snowgoons, herbal & Anno Domini, Tekneek, Zbeats, Dev Rocka et Csick seront les chefs d'orchestre du prêche de Chief Kamachi. Les Clock Of Destiny résonnent, la messe est ouverte.
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