Décidément, la scène rap contient des spécimens vraiment
rares dans leur genre, mcs du dimanche ou simples amateurs sans réel but,
beaucoup sortent comme ils sont rentrés c'est-à-dire par la porte
« anonyme » pendant que d’autres, doigts de pied en éventail,
prennent leur temps pour se lancer réellement. Dans la catégorie « lay low
mec, on a tout le temps », le boucher de Crown Heights est surement un des
leaders (espèce de Lino à l’américaine), découvert sur Magnum Force des Heltah
Skeltah (donc il y a presque 14 ans) puis sur les 12’’ de Bellamy réédité sous
format CD en 2009 sous l’appellation East Flatbush Project : First Overdue
(Masterpiece), il faudra attendre 2008 pour qu’une première pierre soit posée
ce qui fut bien malheureux pour nos oreilles (Indestructibles). Pour autant, la
fusée était lancée et les projets pour ce mc à la réputation guerrière au mic
s’accumulent en moins de 2 ans : le projet The Exxecution avec le canadien
Marco Polo avait fait monter la sauce mais pas assez pour que l’on outrepasse l’Epic Fail que fut Adamantine avec Endemic
(très vilain). Fin 2011, Ruste Juxx nous avait laissé avec une belle
égalité : une bombe, une bouse. De l’autre côté de l’Atlantique, un
beatmaker lui accumulait les succès d’estime, son nom Kyo Itachi, beatmaker
mixant manga et son US, il avait tapé un grand coup avec son Musikyo avant
d’enchainer les projets avec LMNO et Irealz à vitesse grand V. Bref, si il y a
peu de choses qui au départ semble les lier, les deux gars viennent de manger
du champignon façon Mario Kart tellement ça speed niveau actualité. Encore faut-il ne pas brasser de l’air et
proposer des produits de qualité, ne pas confondre vitesse et précipitation
malgré le dicta de l’expression « Buzz ».
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17 déc. 2011
Pete Rock / Smif-N-Wessun - Monumental (2011)
Il y a quinze ans, cela aurait
été un événement, la sortie à attendre, le grand favori de l’année. Les médias
spécialisés en auraient fait la couverture et il est fort à parier que la radio
nationale spécialisée dans les « musiques urbaines » en aurait
esquissé quelques lignes entre la diffusion du dernier Menelik et le très street Bambi
Cruz. Mais voilà, nous sommes en 2011, et seule la reformation du duo Wayne et Birdman pourrait prétendre à cette ébullition. De leur côté, les
nostalgiques ont du se réjouir de la formation d’une association entre les
Brownsvillan Tek et Steele aka Smif N Wessun et du natif du Bronx Pete Rock. Et encore, à en croire certain Pete Rock ne fut jamais la légende prétendue mais juste un cats de Marley Marl et un voleur d’instru. Idée
confortée par la frange intégriste des pro-dilla n’adhérant pas du tout à la
part d’influence du soul brother envers leur protégé (une divinité peut-elle
avoir des influences ?). Quand à SNW,
la mascarade autour du projet Cocoa
Brovaz et l’aventure désastreuse au sein de Rawkus, n’avaient eu comme effet de les relayer en second couteau
du Boot Camp Click, sans motif
légitime. Bref ce qui aurait du passer pour un projet majeur de l’année ne fut
au final qu’une sortie comme les autres. Bien regrettable car si l’album est
loin d’être Monumental, il reste, à l’heure où j’écris ces mots, l’une
des références de l’année.
22 nov. 2009
KRS-One & Buckshot - Survival Skills (2009)
Peu de rappeurs peuvent se vanter d’être la mémoire vivante du mouvement ni avoir l’expérience pour enseigner aux plus jeunes les piliers du Hip-Hop. KRS-One aka The Teacha, 44 ans dont plus de vingt ans passé dans le rap, continue à sillonner les scènes, les featuring et les Project du Bronx avec toujours le même message : The Real Talk. Mais le temps n’épargne personne et malgré sa volonté de toujours être le porte étendard d’un Hip-Hop éthique, le message ne passe plus et le rap s’automutile attirée par des vices musicaux en adéquation avec les dieux médias. Alors quand Buckshot, leader emblématique de Boot Camp Clik vient le voir pour un projet d’album, il n’en faut pas plus à Kris Parker pour livrer une nouvelle leçon. Un projet d’une telle ampleur aurait été criée sur tout les toits il y a une dizaine d’année mais aujourd’hui la donne n’est plus la même. Mais quand même, quand Boogie Down Production meets The Boot Camp Clik, cela met en appétit.
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