Il est surement l’artiste le plus régulier de ces dix
dernières années. Opérant dans un registre plus humain du rap game, Brother Ali se présente comme un
preacher, un conteur des temps modernes qui face à l’indifférence et autres ségrégations
vient prêcher l’amour et la solidarité (putain je devrais faire des synopsis).
Albinos et musulman, Brother Ali a
su faire abstraction des critiques post 11 septembre pour lâcher une
discographie qualitativement fournie qui a donné ses lettres de noblesse au
label Rhymesayers (en plus d’Atmosphere), un nom prépondérant sur la
scène rap des dernières années. Brother
Ali s’est aussi l’alchimie entre un mc et un producteur créatif Ant du groupe Atmosphere
qui en 3 albums ont su conquérir une fan base conséquente. Histoire de la jouer
provoc sans chercher la comparaison musicale (surtout en terme d’influence et
de technique) : Brother Ali et Ant c’est la version post 2000 de Jeru the Damaja et Dj Premier : un laboratoire du nom d’Atmosphere/Gangstarr
dont on retire le meilleur et que l’on transpose à un autre artiste. Et voilà
que comme Jeru (mais pour des motifs
bien autres), l’oiseau décide de prendre son envole puisque sa prochaine mouture devrait être
probablement produite entièrement par Jake
One autre producteur résident du label sous le nom Mourning in America, Dreaming in Color. En attendant son arrivée et
comme à son habitude le Brother Ali
vient lâcher un EP en guise d’apéro : The
Bite Market Heart.
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16 févr. 2012
28 juil. 2011
Classified - Handshakes and Middle Fingers (2011)
- C’est la première fois que vous venez consultez ? dit-il en tapotant le cuir de son club
- Ouais, ce n’est pas dans mon habitude mais là j’en ai besoin.
- Hum, je vois que vous avez déjà pu faire un point sur votre situation.
- Non, ça arrive du jour au lendemain, la vieille vous vous foutez de sa gueule et le lendemain vous prenez un claque musicale.
- Heu désolé mais là j’ai du mal à suivre, vous êtes là exactement pour quoi, questionne suspicieusement le psy.
- On parle de musique, de ce qui est censé être bien ou ce qui ne l’est pas ! affirme nerveusement l’homme assis en face.
- Je pense que le problème est plus profond et que ceci n’est que la surface, va falloir creuser pour trouver la source.
3 janv. 2011
Cap D - Polymath (2010)
Il y a des gens où au bout de cinq minutes on sait directement qu’on va finir par leur mettre une bonne vieille golden dans leur ganache si la conversation s’éternise. Sur quel critère ? Des fois on ne sait pas, d’autres fois c’est physique ou mental. Cette constatation ne s’arrête pourtant pas là et la musique comme tout art peut provoquer dans envies de meurtre envers l’artiste qui a pondu cet essai. L’appellation de « haters » particulièrement dans le rap en est une preuve même si la catégorisation souffre d’un abus exagéré quand son artiste préféré se fait entailler par une part du public sur des éléments objectifs et sensés. Dans cette catégorie, le cas de Kanye West est assez intéressant à analyser mais n’étant pas le sujet de cette chronique et ne le sera jamais pour ma part revenons à notre victime du jour Cap D ex All Naturals de Chicago, le bonhomme portant la double casquette de mc et producteur quoiqu’en toute relativité la dernière ne pourrait être réellement valable que si il était dans la capacité de sortir un beat sans le coup de main de quelques connaissances. Mais bon, autant éviter les médisances pour le moment. Cap D n’en est pas à son premier coup d’essai et si vous pensiez découvrir un premier venu sachez que le mc en est à son 4ème album mais pas besoin d’aller voir en arrière car à part choper une déshydratation musicale, vous n’avez rien à y gagner. Si à la vue de la pochette de ce Polymath vous pensiez vivre une expérience d’astrologie aussi intéressante que celle proposée par Elisabeth Teissier dans télé 7 jours vous étiez loin du compte car tel un lâché de viagra dans la rédaction de Télérama, Cap D propose aux petits philosophes en herbe des ghettos une expérimentation spacio-musicale à travers laquelle les rimes retrouvent leur place originel ( ?), rien que pour cela notre ami mérite son ffff. Et quoi de mieux que de faire appel à ce bon vieux !llmind actuellement très en forme dans ses délires sous LSD musical. Alors tout cela imbriqué, j’ai une très forte envie de faire tâter de mon revers le responsable de cette mélasse. Mérité ou simple crise de la trentaine qui me traverse, la réponse ne peut et ne doit se faire que sur le contenu, donc lecture.
22 nov. 2009
Brother Ali - Us (2009)
Les Etats-Unis et le monde ont toujours eu une relation complexe basée sur l’adage « Je t’aime moi non plus ». Souvent pointée du doigt, la patrie autoproclamée de la liberté a marqué chaque génération que ce soit pour le pire comme pour le meilleur. Énumérer le pire demanderait un travail de longue haleine et n’aurait rien à voir avec une chronique musicale. Par contre s’il y a un point positif à accorder à cette jeune nation, c’est bien l’attrait envers le fameux « rêve américain », banal mythe ou réel vécu, toujours est-il qu’il suscite l’engouement pour décrocher la fameuse green card. Ce rêve américain peut-il être aujourd’hui matérialisé ? La crise actuelle irait à l’encontre mais certaines exceptions ressortent dont une en particulier et qui nous intéresse directement. Imaginez, vous êtes blanc, vous naissez albinos avec les complications visuelles que cela incombe, vous vous faites rejeter par l’ensemble du système communautaire américain, vous vivez au fin fond des Etats-Unis à Minneapolis dans le Minnesota. Pour rajouter un peu de piment, vous vous convertissez à l’Islam, incarnation de la peur des redneck, et vous vous réfugiez dans le seul art qui vous comprend : le rap. Quelle chance auriez-vous pour avoir 2 albums à votre actif tous acclamés unanimement par les critiques et être reconnu par la profession pour votre talent de mc ? Clairement peu de chance. Et pourtant Brother Ali a réussi là où beaucoup aurait échoué.
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