27 mai 2011

Prodigy - The Ellsworth Bumpy Johnson EP (2011)

 

Les portes du pénitencier s’entrouvrent lentement, les rouages mécaniques de la grille semblent rouillés. Tissu milanais, costard gris clair agrémenté d’une écharpe blanche, vissé sur sa tête, son panama cache son regard sombre. Dehors son bras droit, Harvey Pastor Jr et frère de sang l’attend, pas un mot ne sort en face à face, seule l’accolade fraternelle rappelle le lien qui les unit. Un dernier regard sur la prison et la réalité se dessine par un sourire froid : Bumpy Johnson aka Prodigy est libre et si le nom ne vous dit rien alors commencez à trembler car le rappel sera gravé à la force de sa lame sur votre plexus. Le temps d’ajuster son colt à sa ceinture Fendi, la caisse démarre direction le Queens.

26 mai 2011

Has-Lo - In Case I Don't Make It (2011)

 

L’introspection moderne se traduit de nos jours souvent devant une caméra ou plus précisément de par les émissions de téléréalité. Exposés et livrés à leurs propres réflexions, les participants crédules attachés à leur quart d’heure de gloire se livrent à une étonnante analyse où la caméra remplace le fauteuil club du psychologue. Sans limite et quelque soit la thématique du show, cette psychanalyse moderne démontre à quel point la débilité n’est pas une exception mais bien une moyenne.  Support plus classique mais tout autant sans limite, la musique a toujours été un exutoire pour les âmes artistiques (ou non) tourmentées par la brutalité de la vie. Direction Philadelphie, petite sœur souvent oubliée de la grosse pomme (en terme de rap), où le label très tendance (pour pas dire bobo…) Mello Music Group déjà responsable du catalogue musical d’Apollo Brown, Diamond District et autres bizarreries indescriptibles laisse carte blanche au dénommé Has-Lo jeune mc et producteur qui, derrière le titre très défaitiste In Case I Don’t Make It, délivre  un bilan humain personnel en 15 actes. Vous pensiez qu’il n’y avait pas plus plombant qu’une tragédie familiale dans la Grèce Antique ? Et bien préparez les antidépresseurs car Has-Lo est encore plus glacial qu’un macchabé…

21 mai 2011

Ill Bill & Vinnie Paz - Heavy Metal Kings (2011)


 Lundi 9 mai 2011, il est 21 heures devant les portes de la nouvelle salle emblématique du Hip-Hop parisienne : La Bellevilloise. Aux alentours ça sent la bière tiède et le joint masquant maladroitement une odeur de gerbe persistante mais tellement symbolique de ce public hybride. Rien de surprenant quand le groupe qui joue ce soir se présente sous le pseudo « Heavy Metal Kings », le nom a plus de facilité à rimer avec les leaders de la scène hard metal plutôt qu’avec ceux du rap américain. Le baggy apprend à se marier avec le sweet à capuche Slipknot et la bouteille de JB laisse sa place à la Fisher de chez Ed. Dans la foule, deux noms reviennent en écho, Ill Bill et Vinnie Paz, portés au firmament du rap comme deux dieux ayant marqué la décennie précédente par leur style musical. Alors savoir que ces deux protagonistes se rassemblent sur scène pour un show unique fait grimper la température de 10 degrés Celsius dans la salle et ce n’est pas la première partie pathétique du show joué par un groupe de braillards sans talent qui la fera descendre (au passage pour les derniers sceptiques de Virus, je pense qu’il a facilement levé tout doute concernant son niveau). Et ce qui devait arriver arriva : un public en transe, complètement possédé par la vibe lourde et pesante des deux protagonistes. Objectivement, le show était plus que moyen (même si le concours de off-beat entre les deux poids lourds n’a pas permis de faire sortir un gagnant), mais la présence des deux rois était suffisante à faire le bonheur de la foule. A la sortie une question reste en suspend, venus défendre un album commun, Vinnie Paz et Ill Bill n’ont joué que deux morceaux de ce Heavy Metal Kings (dont un remix). Autant jouer sur la fibre nostalgique du public en priorisant le passage de ses meilleurs morceaux reste  tout à fait excusable, autant occulter la sortie de cet album rend très suspicieux la qualité contenue dans le boîtier plastique. Doit-on comprendre que cet album est un support lambda histoire de lancer une tournée des deux gus ?

18 mai 2011

Action Bronson - Dr Lecter (2011)


Un an jour pour jour après avoir consacré bien en avance Roc Marciano comme mc de l’année grâce à son énorme album Marcberg, je me devais de trouver un remplaçant ayant la carrure de porter le titre de MVP sans se le faire voler en cours d’année. Et quitte à remettre ça, pourquoi ne pas doubler la mise en pariant sur un poulain dont l’album n’entrera pas dans le top 5 de l’année (voir même le top 10) ? Chiche, je fonce ! Donc Mesdames et messieurs, venu tout droit de Flushing Queens, proche des Lo-Lifes et membre des Outdoorsmen, cuistot de première classe, Casanova des octogénaires pro-nudistes du torse avec un regard de serial killer dans une démarche de papa ours, je vous remercie d’applaudir l’homme originaire des Balkans, le sosie blanc de Ghostface Killah, Monsieur Action Bronson, 2k11’s MVP !!!!

9 mai 2011

Raekwon - Shaolin VS Wu-Tang (2011)



Le succès est trop court pour ne pas en profiter surtout quand on fait partie de la catégorie fossile sur le retour. Du haut de ses 40 ans, Raekwon aura connu plus de succès en deux ans suite à la sortie de son OB4CL part II qu’en 6 ans de traversée du désert suite à la sortie de The Lex Diamond Story. Si le OB4CL part II ne peut se comparer au premier du nom compte tenu de la différence générationnelle, ce retour au premier plan reste justifier par un album qualitativement supérieur à ce que la scène musicale du rap est capable de livrer mais surtout, Raekwon avait su raviver la flamme d’une touche Wu Tang aux abonnés absents. Alors que faire de cette exposition ? Continuer sur le même modèle en délivrant un album de qualité qui revient à un investissement humain/temps conséquent ou surfer sur la vague en inondant de sa présence musicale tout les supports, quitte à se vendre sur des featuring plus que douteux avec des produits formatés à la Justin Bieber ? A 40 ans, la réponse semble naturelle : faire du pognon et donc lâcher un produit de seconde zone nommée Shaolin VS Wu-Tang.