Le rap serait-il cyclique au point que toute boucle revienne à son point d’apogée : les 90’s ? Si cet avis est tout à fait critiquable, il existe au fin fond de Brooklyn et du Bronx des tueurs à gage microphonique qui adhèrent complètement à cette philosophie. Réunis sous le nom de Da Circle, Fatz et Slim proposent un 360° deal histoire de boucler le cercle. Se considérant meilleurs que 85% du Rap Game, proches d’Immortal Technique qui les avait invités sur Rebel Arms de son The 3rd World, les deux lascars reviennent avec une rage inassouvie suite à l’énorme échec que fut leur premier projet The S.A.F.E. (et pour une fois Statik Selektah y est pour rien). Revenons à la notion même de Circle de l’album, avec 15 track et un intro et une outro, ce 360° deal est sensé englober l’ensemble du mouvement rap, pari osé surtout quand on met en avant une street crédibilité sans avoir confirmé musicalement.
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25 avr. 2011
24 févr. 2011
Saigon - The Greatest Story Never Told (2011)
Février 2012, Brownsville quartier de brooklyn, la neige bat son plein, l’air gris et le rouge-orangé des briques des nombreuses « public housing » disparaissent pour rendre un visuel monochrome tacheté de noir comme si la crasse accumulée par des années de politiques sociales de bas étage ne pouvait être recouverte, fatalité génétique collant à l’ADN du neighborhood Brooklynien. La circulation se fait au ralenti sur les trottoirs, les mouvements se font épisodiques, au loin une vieille dame se servant de son cadis comme d’une rampe de sureté sur les trottoirs gelés tandis qu’une bande de jeunes s’amuse à enchainer des glissades dans les descentes. Pour les sans-abris, c’est la survie physique, doudounes empilées les unes sur les autres, squatte arrangé avec des bâches en plastiques trouées et alcool premier prix pour une sensation de réchauffement très éphémère. Et dans le lot de ces anonymes, un nouveau venu mais loin d’être inconnu Brian Daniel Carenard. Sa condition de SDF, il la vit depuis peu et sans comprendre exactement pourquoi. Le voisinage reste témoin de ses complaintes nocturnes alcoolisées sans se plaindre. Lui n’a pas tout perdu par son mental, il n’est pas la victime comme tant d’autres de la crise des subprimes ou de la crise tout court. Il n’est pas un golden boy qui a tout perdu en bourse ou un drogué fixé à un des nombreux addictifs que la vie distribue. Non, l’homme que l’on nomme Saigon a tout perdu car son destin le prédisposait à enchainer les ratés.
4 nov. 2010
Celph Titled & Buckwild - Nineteen Ninety Now (2010)
C’est l’histoire d’une frustration commune, d’une incompréhension du monde actuel et de deux électrons libres qui vont se croiser pour tirer le meilleur de ce constat fataliste. Back in the dayz : 1991 à Tampa, Floride, le futur mc Celph Titled découvre la puissance du Hip-Hop immergé dans les années dorées caractérisées par les Boot Camp Click, les D.I.T.C., les Wu-Tang et autres Mobb Deep. Derrière ce décors entaché de noirceur et de relent de radicalité se cache un monde où la joie se partageait entre des producteurs initiés par des grands frères prêt à dispenser leur savoir et des mcs méticuleux aux flows travaillés et améliorés à force de pratique intense. Au même moment à NYC, Buckwild accompagné de sa SP-1200 (éternelle fidèle) devient le petit prince du Bronx. Après des années d’entrainement sous l’aile de son maitre Lord Finesse, Buckwild vole de ses propres ailes propageant sa propre pate dans le respect des valeurs inculquées par le Bomb Squad, Pete Rock et Large Pro, l’arrivée prochaine des Word…Life et Lifestylez ov da Poor and Dangerous imprégnera le mouvement à vie.
7 sept. 2010
Black Sheep - From The Black Pool Of Genius (2010)

Le rap mérite-t-il l’image de vilain garçon qui lui colle depuis des années ? Les enfants de chœur ne font, certes, pas légion dans cette grande famille et encore moins à l’époque de la radicalisation symbolisée par les années 90. Pourtant, certains acteurs choisirent une ligne directrice axée sur un discours plus positif et souvent incarnée par une certaine joie de vivre. A ce titre, le collectif des Native Tongues réussirent à imposer leur pâte grâce à une discographie impressionnante et des leaders charismatiques. De A tribe Called Quest en passant par les Jungle Brothers et De La Soul, le crew célébrait la joie de vivre sur des samples jazzy. Aujourd’hui, le crew n’est qu’un lointain souvenir essayant de survivre via les leaders de la nouvelle école que sont Kweli & Mos Def, Pharaohe Monch et en quelque sorte Kanye West…
25 août 2010
Capone-N-Noreaga - War report 2 : Report The War (2010)

L’air semblait toujours aussi irrespirable qu’il y a 15 ans et pourtant on pouvait se déplacer librement sans craindre le moindre risque. Dans ce quartier qui avait vécu une ère de guerre urbaine très intense, les stigmates caractérisés par les impacts de balles dans les murs étaient toujours aussi voyants. Chaque corner possédait son tag RIP en l’honneur des soldats de la rue tombés au combat. Pour autant, la rue avait passé un pacte officieux entre ses différents descendants, ce pacte de cohabitation permettait aux Queens de connaître une période de paix ponctuée par quelques frictions et règlements de compte mais de nature si mineure que le sceau ne fut pas brisé. Et pourtant, il fallait à nouveau que le sang coule et que les gangs s’entredéchirent. Les crises économiques et sociales intenses réduisaient les capacités de la rue à faire vivre ses soldats. Les possibilités d’expansion des gangstas devenaient infimes et l’issue finale devait passer par l’élimination de ses rivaux. 13 ans après, le Queens allait connaître sa seconde guerre urbaine et comme lors du premier War Report deux soldats vont devoir marquer cet événement : Capone N Noreaga. Si leurs exactions et leur participation active aux événements de 1997 leur avaient permis de passer du statut d’anonymes à celui de symboles du Queens, ce War Report 2 devra redorer le blason de ces soldats devenus l’ombre d’eux-mêmes durant cette longue trêve et ainsi prouver que leur soif de sang et de meurtre est toujours aussi intact.
2 janv. 2010
Cormega - Born & Raised (2009)
Il en aura fallu du temps pour retrouver l’enfant prodige du Queens sur un nouveau skeud. Affilié à la génération dorée du Queens (mciguement parlant) dont les porte-étendards Nas, AZ (exception venant de Brooklyn), Prodigy et Havoc du Mobb Deep tiennent encore le haut du pavé, le parcours de Cormega ne fut pas aussi facile et récompensé que ses comparses. Prometteur comme un Keith Murray, régulier dans la qualité de ses livraisons, Mega ne peut remercier que les Hip-Hop headz pour la reconnaissance. Rien ne sert de s’attendrir sur son sort, le Mc connait assez ses capacités pour ne pas s’attarder sur son passé. Avec Born & Raised, Cormega vient distiller une nouvelle leçon de Hip-Hop dans le pur style underground suivant ainsi la voie ouverte par le très bon street album de Blaq Poet, Blaqprint.
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