
Le rap mérite-t-il l’image de vilain garçon qui lui colle depuis des années ? Les enfants de chœur ne font, certes, pas légion dans cette grande famille et encore moins à l’époque de la radicalisation symbolisée par les années 90. Pourtant, certains acteurs choisirent une ligne directrice axée sur un discours plus positif et souvent incarnée par une certaine joie de vivre. A ce titre, le collectif des Native Tongues réussirent à imposer leur pâte grâce à une discographie impressionnante et des leaders charismatiques. De A tribe Called Quest en passant par les Jungle Brothers et De La Soul, le crew célébrait la joie de vivre sur des samples jazzy. Aujourd’hui, le crew n’est qu’un lointain souvenir essayant de survivre via les leaders de la nouvelle école que sont Kweli & Mos Def, Pharaohe Monch et en quelque sorte Kanye West…
On regrettera surement l’absence d’un disque du collectif mais la qualité inusable des discographies des membres rappelle au bon souvenir. Et en fouillant un peu dans cette profusion musicale, on prendra du plaisir à ressortir A Wolf In A Sheep’s Clothing du duo du Queens Black Sheep. Masterpiece qui s’abreuve d’une dérision du mouvement Gangsta Rap dans une humeur bon enfant. La suite pour Dres et Mista Lawnge ne pousse pas à la crise de rire entre échec et séparation, le retour de la formation dans l’état d’esprit du 1er opus semblait compromis. Mais voilà Black Sheep c’est une philosophie, une façon de voir la vie qui n’appartient pas au duo mais à chacun d’eux. Alors s’il faut que Dres redore le blason des Black Sheep et la maison Natives Tongue en solitaire, rien ne peut l’en empêcher. De cette envie, Dres livre, 19 ans après, From The Black Pool Of Genius, opus de 15 titres.
Loin d’être une douche froide, on plonge dans ce Black Pool Of Genius pour se rafraichir d’un humour toujours omniprésent et se faire emporter par la vague de joie que provoque le timbre de voix si reconnaissable de Dres. Plus mature certes à l’image de Forever To Pray, Dres délivre 15 prestations d’un niveau lyrical très structuré et poétique, si l’équipe des Native Tongues n’est plus à la production, on pourra compter sur d’autres vétérans comme Showbiz capables de reproduire l’atmosphère du crew. En parlant du leader des DITC, l’home de l’ombre ouvre le bal musical avec Splash et ses basses soulfull aquatiques laissant à Dres toute latitude pour imposer son groove. La décontraction continue par le funky Forever Lulvee qui replonge l’auditeur dans A Wolf In A Sheep’s Clothin. L’ambiance havin’ fun perdure tout le long de l’album et quand la funk devient acidifié sur Elevation, Dres en grand seigneur du smooth flow et de la pensée positive vient dompter le beat pour un résultat très addictif. Le brin de folie (ou la folie tout court) s’invite avec Psycho Les des Beatnuts sur Important Fact. La ligne directrice du titre ? It’s on Hook Nuts ! On ferme sa bouche et on apprécie la recette de grand-mère toujours efficace pour le conduit auditif ! Psycho funky loop en compagnie de AZ sur Winner où le Bouffeur de beat vient taper sa part de gâteau dans une ambiance toujours aussi festive. Que celui qui connait la tracklist ose dire que la réunion de cadres du Native Tongues sur Birds Of A Feather ne lui mettait pas l’eau à la bouche. Q-Tip (ATCQ), Mike G (Jungle Brothers) et Trugoy Dove (De La Soul) se joignent à Dres (Black Sheep) pour un dernier baroud d’honneur.
Bien sûr, cette livraison de Dres contient aussi son lot de sample variant entre soul et jazz plus mélancolique (Party Tonight avec Jean Grae ou Come Back Home) mais aussi quelques déchets comme Power to the Pih-Poh qui pâtit d’un guest de Rhymefest complètement off tempo. Muy Bueno donnera le sourire au premières écoutes pour ensuite dégouter l’auditeur de part son beat plus proche d’un tapage nocturne qu’une ballade de santé.
Amputé d’un membre, Black Sheep, emené par Dres, prouve que l’on peut encore s’appuyer sur un héritage riche pour créer une galette de qualité. Pas besoin de faire de comparaison avec les opus des 90’s du crew, Black Sheep est définitivement le gardien de la philosophie des Native Tongues et From The Black Pool Of Genius vient rappeler à certains mcs soit disant fils spirituels du crew comme Talib Kweli et Kanye West que l’attitude ne remplace pas l’état d’esprit…
15/20
8 commentaires:
Bonne chro' perso j'ai été bien moins conquis... comme je l'ai dit sur hiphopandyoudontstop il y a un trop grand nombre de titre assez faible du coup le skeud a eu une durée de vie plus que courte... même pas envie de lâcher mon billet
Bonne chro Drill !
Toujours pas écouté ce skeud mais je vais y jeter une oreille là. Faut dire qu'il est passé tellement inaperçu.
Qu'a tu contre Talib Kweli sinon ? Tu lui reproche de se donner un genre "bon samaritain" en gros ?
Bah Kweli s'est toujours vanté d'être le garant de l'héritage Native Tongue mais au final c'est un peu tout sauf ça. Et surtout ça manque de fun. Mais bon c'est plus un pic envers le dernier le Reflection Eternal où ma vision personnel fait que forcèment je peux pas le défendre.
Toujour pas écouter..juste écouté for the record qui passer plutot bien chez moi va falloir que j'écoute sa
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