19 janv. 2011

Click Animosity - Feeders Of The Flamez (2010)




Sortir de la masse en dehors des clous, faire les choses sans se soucier des avis et accepter qu’un brin de folie et de haine soit un élément moteur dans l’ensemble de sa créativité, ces trois éléments réunis peuvent-ils s’incorporer dans la définition d’un artiste et plus généralement d’une œuvre musicale ? L’aseptisation lancinante mais vorace du mouvement Hip-Hop ne l’a-t-il pas rendu, au fil des années, aussi clean que les narines de Robert Downey Jr ? En 1979, les pioners des blocs party des borough de NY criaient au scandale que leur mouvement se soit vendu au formatage 33T de l’industrie musicale prédisant la mort du Hip-Hop plutôt que de se préoccuper de la recherche artistique délivrée par les Sugar Hill Gang, en clair la forme plutôt que le fond. 30 ans plus tard après une multitude de morts et de renaissances apparentant le rap à Keny de South Park, le listener actuel continue de déplorer le formatage du formatage du mouvement sans trouver de points communs dans leur revendication avec les anciennes générations puisque le fond inquiète plus que la forme. Alors si aujourd’hui un crew sans logique jouant à fond la carte des cramés de la tête délivraient un album sans sens, sans fil continue et où l’ensemble serait délivré sur un une galette histoire de dire, cela suffirait-il à apaiser l’image de petit enfant sage qui colle au rap ?

3 janv. 2011

The Left - Gas mask (2010)




L’humanité ne semble plus n’être qu’une chimère, l’air stagnant dans les artères de la vie s’avère irrespirable et toxique. Les machines, les industries et le bruit ambiant qui caractérisaient Detroit à présent disparus comme balayés par une main invisible. Ce qui paraît être le reste d’une civilisation se métamorphose en une masse de membres articulés se mouvant sans but. Comment en est-on arrivé là ? La réponse la plus simple viendrait de l’acceptation par la population de ce qui paraît bien ou non, de choisir « The Right » way/thing plutôt que l’indépendance de jugement. Philosophie imprégnée par les puissants de ce monde, cette envie irrépressible de contrôle se mute en un virus foudroyant qui se retourne contre ses propres créateurs. L’espoir d’un retour à une civilisation indépendante ne tient qu’à un fil ou plutôt à un groupuscule obscur du nom de « The Left », tout un symbole d’autonomie. Armés de leur masque à gaz, ils s’emploient à attaquer le virus en imprégnant l’air de leurs créations musicales propres loin du conformisme ambiant infligé à la population. Mais ont-ils les armes pour créer l’étincelle qui ramènera la population à la raison ? 

Cap D - Polymath (2010)


 
Il y a des gens où au bout de cinq minutes on sait directement qu’on va finir par leur mettre une bonne vieille golden dans leur ganache si la conversation  s’éternise. Sur quel critère ? Des fois on ne sait pas, d’autres fois c’est physique ou mental. Cette constatation ne s’arrête pourtant pas là et la musique comme tout art peut provoquer dans envies de meurtre envers l’artiste qui a pondu cet essai. L’appellation de « haters » particulièrement dans le rap en est une preuve même si la catégorisation souffre d’un abus exagéré quand son artiste préféré se fait entailler par une part du public sur des éléments objectifs et sensés. Dans cette catégorie, le cas de Kanye West est assez intéressant à analyser mais n’étant pas le sujet de cette chronique et ne le sera jamais pour ma part revenons à notre victime du jour Cap D ex All Naturals de Chicago, le bonhomme portant la double casquette de mc et producteur quoiqu’en toute relativité la dernière ne pourrait être réellement valable que si il était dans la capacité de sortir un beat sans le coup de main de quelques connaissances. Mais bon, autant éviter les médisances pour le moment. Cap D n’en est pas à son premier coup d’essai et si vous pensiez découvrir un premier venu  sachez que le mc en est à son 4ème album mais pas besoin d’aller voir en arrière car à part choper une déshydratation musicale, vous n’avez rien à y gagner. Si à la vue de la pochette de ce Polymath vous pensiez vivre une expérience d’astrologie aussi intéressante que celle proposée par Elisabeth Teissier dans télé 7 jours vous étiez loin du compte car tel un lâché de viagra dans la rédaction de Télérama, Cap D propose aux petits philosophes en herbe des ghettos une expérimentation spacio-musicale à travers laquelle les rimes retrouvent leur place originel ( ?), rien que pour cela notre ami mérite son ffff. Et quoi de mieux que de faire appel à ce bon vieux !llmind actuellement très en forme dans ses délires sous LSD musical. Alors tout cela imbriqué, j’ai une très forte envie de faire tâter de mon revers le responsable de cette mélasse. Mérité ou simple crise de la trentaine qui me traverse, la réponse ne peut et ne doit se faire que sur le contenu, donc lecture.