3 janv. 2011

Cap D - Polymath (2010)


 
Il y a des gens où au bout de cinq minutes on sait directement qu’on va finir par leur mettre une bonne vieille golden dans leur ganache si la conversation  s’éternise. Sur quel critère ? Des fois on ne sait pas, d’autres fois c’est physique ou mental. Cette constatation ne s’arrête pourtant pas là et la musique comme tout art peut provoquer dans envies de meurtre envers l’artiste qui a pondu cet essai. L’appellation de « haters » particulièrement dans le rap en est une preuve même si la catégorisation souffre d’un abus exagéré quand son artiste préféré se fait entailler par une part du public sur des éléments objectifs et sensés. Dans cette catégorie, le cas de Kanye West est assez intéressant à analyser mais n’étant pas le sujet de cette chronique et ne le sera jamais pour ma part revenons à notre victime du jour Cap D ex All Naturals de Chicago, le bonhomme portant la double casquette de mc et producteur quoiqu’en toute relativité la dernière ne pourrait être réellement valable que si il était dans la capacité de sortir un beat sans le coup de main de quelques connaissances. Mais bon, autant éviter les médisances pour le moment. Cap D n’en est pas à son premier coup d’essai et si vous pensiez découvrir un premier venu  sachez que le mc en est à son 4ème album mais pas besoin d’aller voir en arrière car à part choper une déshydratation musicale, vous n’avez rien à y gagner. Si à la vue de la pochette de ce Polymath vous pensiez vivre une expérience d’astrologie aussi intéressante que celle proposée par Elisabeth Teissier dans télé 7 jours vous étiez loin du compte car tel un lâché de viagra dans la rédaction de Télérama, Cap D propose aux petits philosophes en herbe des ghettos une expérimentation spacio-musicale à travers laquelle les rimes retrouvent leur place originel ( ?), rien que pour cela notre ami mérite son ffff. Et quoi de mieux que de faire appel à ce bon vieux !llmind actuellement très en forme dans ses délires sous LSD musical. Alors tout cela imbriqué, j’ai une très forte envie de faire tâter de mon revers le responsable de cette mélasse. Mérité ou simple crise de la trentaine qui me traverse, la réponse ne peut et ne doit se faire que sur le contenu, donc lecture.


Cap D a le mérite de ne pas tromper ses auditeurs donc la surprise de se retrouver devant le fils spirituel des NYG’s et des ONYX disparait dès les premières notes et d’un seul coup l’équation se résout par elle-même : Cap D = Chicago = Common = No I.D.!llmind version LSD = guitare manouch sur-drumé = Charlie Winston en feat ? = Polymath. De là, je pourrais passer les cinq prochaines lignes à cracher sur l’album mais parallèlement et en dehors que le style « bobo mc je rappe mais je montre bien que ça me saoule » me crée des plaques d’urticaire, il y a dans cet album des moments qui ont réussi à me capter. Des fois de simple détail comme cette guitare timide de !llmind par peur d’être trop rugueuse sur King Of The Mountain et qui reprend de sa superbe par l’intervention engagée de Brother Ali. Who, What, Why, Where, When, How, jamais serait la réponse la plus appropriée pour ma part mais qu’on adhère ou non à ce type délire, on peut au moins reconnaître le bien fondé de la démarche de Cap D. Think est une étape musicale obligatoire juste pour prouver que !llmind peut s’injecter une dose encore plus conséquente de coke que pour un album avec Skyzoo (ce qui est légitime compte tenu de l’effet anesthésiant du mc) surtout que le prodo remet le couvert sur Respect.

Dur de trouver son bonheur quand la vibe proposé est à mille lieux de son univers. Dur aussi de se prononcer sur l’aspect qualitatif général quand rien ne permet de se rattacher à une base commune et même le clin d’œil à Organized Konfusion sur Chicago Five-O ne prend pas. Alors ai-je vraiment envie de lui mettre mon point dans la gueule ? Au final non car là ou certains mcs de part leur manque d’envie ou à contrario leur excès d’envie se traduisant très souvent par aliénation sans compromis à la vibe actuelle créent un dégoût au bord de la rupture, Cap D livre un album en total cohérence avec ses idées. Alors bien sur, on lui recommandera d’aller voguer dans d’autres cieux que ceux d’ !llmind ou d’au moins avoir un minimum d’éthique en disant clairement que les productions qu’ils s’attribuent sont l’œuvre d’ !llmind. Mais je n’ai aucune rancœur contre lui et je passe mon chemin de la manière que j’y suis arrivé : sans excitation.


10/20

2 commentaires:

SnowgoonS a dit…

pas besoin d’aller voir en arrière car à part choper une déshydratation musicale, vous n’avez rien à y gagner

tel un lâché de viagra dans la rédaction de Télérama (je vois tout a fait ce que tu veux dire...)

Cap D = Chicago = Common = No I.D. = !llmind version LSD = guitare manouch sur-drumé = Charlie Winston en feat ? = Polymath

Juste énorme, j'ai éclaté de rire vraiment !

Unknown a dit…

quand il a rien à dire, il reste que la moquerie. Après je sais pas pourquoi je me suis entêté à vouloir faire cette chro à moins que ce soit dans une vague envie de reconversion dans le comique show