
- Coucou chérie je suis rentré ! s'exclame joyeusement John
- Ah bah ça tombe bien le diner est prêt ! réponds Kate
- Hum ! Et qu'est-ce que tu m'as préparé de bon, amour ?
- Bah écoute une espèce de bouillie des restes de la semaine parce que tu vois bobonne elle en a marre de faire la boniche toute le temps pendant que Monsieur passe sa journée à baiser sa secrétaire. Alors là, tu vois, j'ai fait mon sac et je me casse !
- Mais enfin mamour…
- Oh ta gueule où je t'en mets une ! Tu trouveras sur la table un CD qui accompagnera à merveille ta bouillie et cultivera la dépression provoquée par mon départ ! conclue-t-elle en claquant la porte de la maison.
John se retrouve seul, comme un con, planté au milieu du salon le regard fixé sur la porte et bouche bée par la tournure que prend sa vie. Tel un automate lié à son état post-traumatique, il se rend à la cuisine, mets la bouillie à chauffer au micro onde et insère la bouillie auditive du nom de « Revolution Per Minute » dans le lecteur, le cd se lance et on comprend très vite que l'état dépressionnaire de notre homme seul ne risque pas de s'amenuiser, bien au contraire…
On pointe du doigt souvent la dangerosité des antidépresseurs du type prozac mais il faut rendre à César ce qui appartient à César, le prozac semble la seule solution pour s'enfiler les deux premières tracks de l'album. City playgrounds aussi rythmé que le cœur d'un mort et Back Again espèce de copier/coller à base de guimauve sensée nous rappeler ce que Train Of Thought avait procuré, une écoute suffira à comprendre que non. Doit-on critiquer Kweli pour cette mascarade ? Bien au contraire seul le mc essaie de porter les tracks par un flow bien propre (malgré certains défauts récurrents) et des textes très bien écrits. Non la grosse tâche de ce début d'album est malheureusement Hi-Tek, qui en dix ans nous a fait le grand saut à l'élastique musicale sauf que personne n'est allé le décrocher pour le remonter. Et il faut avoir un égo surdimensionné et une confiance en soi incroyable pour oser fournir des productions aussi minables. Alors à ce stade, il n'y a pas beaucoup de choix, soit comme John vous continuez à vous morfondre sur votre bouillie en vous insultant de loser soit vous vous dîtes que le pire est passé…
Strangers où un infime rayon de lumière vient éclaircir ce naufrage récompensera les plus optimistes sans pour autant crier au génie. Non car s'il y a génie, on le doit surtout à Talib Kweli et Bun B, toujours en forme, qui portent la track où musicalement sans être trop mauvaise est loin du niveau possible de Hi-Tek. Si le salut de Hi-Tek doit passer par le travail des autres soit, mais de là à essayer de taper dans le monde de Rza avec In This World en y ajoutant une touche de savon c'est plus pathétique qu'intelligent. On ne remerciera jamais assez Talib de donner son meilleur malheureusement on ne peut que constater la faiblesse de ce début d'album et ce n'est pas l'espèce de son de cosmonaute de Got Work et son hook de robot qui niera l'évidence. Et pendant ce temps, John, réduit à l'état de larve se demande si le paradis existe car son issu semble se résoudre dans la fatalité. Mais non, John, la vie est belle et heureusement qu'Estelle arrive pour te remonter le morale. Désillusion ? Malgré un début de folie de la part de Hi-Tek et un Talib Kweli en mode mitraillette, le hook en mode disco ne risque pas de faire l'unanimité.
Laid Back, laid Back Hi-Tek ! Lifting Off et In The Red trouvera semblablement un écho favorable de la part des irréductibles adeptes de Tek pour les autres : skip… Dans sa cuisine, John s'offre le choix : couteau, corde ou pistolet ? Mais il devra patienter car Ballad Of the Black Gold récompense l'auditeur, patient, avec un titre où l'alchimie entre Kweli et Tek semble retrouver. Enfin, on perçoit le pourquoi de l'existence de Reflection Eternal sans pour autant être exceptionnel. Just Begun suit la voie ouverte avec en guest Mos Def, J. Cole et le soit disant espoir du « rap Telerama » Jay Electronica. Un espoir qui passe du rang de messie pour bobo à mc lambda du game par la faute d'un J. Cole qui livre la prestation de cette track.
Si au moins Hi-Tek rendait un travail en harmonie avec le sujet des tracks, on pourrait à minima l'excuser de son incompétence actuelle mais même quand la track s'appelle A Long Hot Summer, le résultat est aux antipodes. Mais bon cette track permet à John d'écarter le choix du suicide par couteau. La déception grandit et la simple track légère permet de souffler face à la lourdeur de ce cd, on remerciera le duo pour Get Loose, track sans intérêt mais légère de quoi calmer les nerfs avant de se taper un bon vieux AVC sur So Good, indescriptible… Dernier moment de plaisir grâce à Ends et surtout Bilal qui accompagne Kweli à merveille sur une instru potable avant de clôturer sur My Life, piqûre de rappel du début d'album par son encéphalogramme musical plat…
Si la traversée de cette Revolution Per Minute a été une souffrance pour vous, sachez que l'album aura permis à John de cogiter et de trouver la meilleure façon de finir sa vie. Une bonne vieille pendaison devant la cheminée familiale et les photos de famille… Merci Hi-Tek.
- Ah bah ça tombe bien le diner est prêt ! réponds Kate
- Hum ! Et qu'est-ce que tu m'as préparé de bon, amour ?
- Bah écoute une espèce de bouillie des restes de la semaine parce que tu vois bobonne elle en a marre de faire la boniche toute le temps pendant que Monsieur passe sa journée à baiser sa secrétaire. Alors là, tu vois, j'ai fait mon sac et je me casse !
- Mais enfin mamour…
- Oh ta gueule où je t'en mets une ! Tu trouveras sur la table un CD qui accompagnera à merveille ta bouillie et cultivera la dépression provoquée par mon départ ! conclue-t-elle en claquant la porte de la maison.
John se retrouve seul, comme un con, planté au milieu du salon le regard fixé sur la porte et bouche bée par la tournure que prend sa vie. Tel un automate lié à son état post-traumatique, il se rend à la cuisine, mets la bouillie à chauffer au micro onde et insère la bouillie auditive du nom de « Revolution Per Minute » dans le lecteur, le cd se lance et on comprend très vite que l'état dépressionnaire de notre homme seul ne risque pas de s'amenuiser, bien au contraire…
On pointe du doigt souvent la dangerosité des antidépresseurs du type prozac mais il faut rendre à César ce qui appartient à César, le prozac semble la seule solution pour s'enfiler les deux premières tracks de l'album. City playgrounds aussi rythmé que le cœur d'un mort et Back Again espèce de copier/coller à base de guimauve sensée nous rappeler ce que Train Of Thought avait procuré, une écoute suffira à comprendre que non. Doit-on critiquer Kweli pour cette mascarade ? Bien au contraire seul le mc essaie de porter les tracks par un flow bien propre (malgré certains défauts récurrents) et des textes très bien écrits. Non la grosse tâche de ce début d'album est malheureusement Hi-Tek, qui en dix ans nous a fait le grand saut à l'élastique musicale sauf que personne n'est allé le décrocher pour le remonter. Et il faut avoir un égo surdimensionné et une confiance en soi incroyable pour oser fournir des productions aussi minables. Alors à ce stade, il n'y a pas beaucoup de choix, soit comme John vous continuez à vous morfondre sur votre bouillie en vous insultant de loser soit vous vous dîtes que le pire est passé…
Strangers où un infime rayon de lumière vient éclaircir ce naufrage récompensera les plus optimistes sans pour autant crier au génie. Non car s'il y a génie, on le doit surtout à Talib Kweli et Bun B, toujours en forme, qui portent la track où musicalement sans être trop mauvaise est loin du niveau possible de Hi-Tek. Si le salut de Hi-Tek doit passer par le travail des autres soit, mais de là à essayer de taper dans le monde de Rza avec In This World en y ajoutant une touche de savon c'est plus pathétique qu'intelligent. On ne remerciera jamais assez Talib de donner son meilleur malheureusement on ne peut que constater la faiblesse de ce début d'album et ce n'est pas l'espèce de son de cosmonaute de Got Work et son hook de robot qui niera l'évidence. Et pendant ce temps, John, réduit à l'état de larve se demande si le paradis existe car son issu semble se résoudre dans la fatalité. Mais non, John, la vie est belle et heureusement qu'Estelle arrive pour te remonter le morale. Désillusion ? Malgré un début de folie de la part de Hi-Tek et un Talib Kweli en mode mitraillette, le hook en mode disco ne risque pas de faire l'unanimité.
Laid Back, laid Back Hi-Tek ! Lifting Off et In The Red trouvera semblablement un écho favorable de la part des irréductibles adeptes de Tek pour les autres : skip… Dans sa cuisine, John s'offre le choix : couteau, corde ou pistolet ? Mais il devra patienter car Ballad Of the Black Gold récompense l'auditeur, patient, avec un titre où l'alchimie entre Kweli et Tek semble retrouver. Enfin, on perçoit le pourquoi de l'existence de Reflection Eternal sans pour autant être exceptionnel. Just Begun suit la voie ouverte avec en guest Mos Def, J. Cole et le soit disant espoir du « rap Telerama » Jay Electronica. Un espoir qui passe du rang de messie pour bobo à mc lambda du game par la faute d'un J. Cole qui livre la prestation de cette track.
Si au moins Hi-Tek rendait un travail en harmonie avec le sujet des tracks, on pourrait à minima l'excuser de son incompétence actuelle mais même quand la track s'appelle A Long Hot Summer, le résultat est aux antipodes. Mais bon cette track permet à John d'écarter le choix du suicide par couteau. La déception grandit et la simple track légère permet de souffler face à la lourdeur de ce cd, on remerciera le duo pour Get Loose, track sans intérêt mais légère de quoi calmer les nerfs avant de se taper un bon vieux AVC sur So Good, indescriptible… Dernier moment de plaisir grâce à Ends et surtout Bilal qui accompagne Kweli à merveille sur une instru potable avant de clôturer sur My Life, piqûre de rappel du début d'album par son encéphalogramme musical plat…
Si la traversée de cette Revolution Per Minute a été une souffrance pour vous, sachez que l'album aura permis à John de cogiter et de trouver la meilleure façon de finir sa vie. Une bonne vieille pendaison devant la cheminée familiale et les photos de famille… Merci Hi-Tek.
07/20
7 commentaires:
T'es super sévère quand même. Je comprend la décéption mais justement je trouve que Hi Tek a fait bien mieux que sur ces derniers travaux. Dans l'ensemble ses prods ne cassent pas des briques mais elles sont largement potable je trouve. Par contre moi c'est marrant mais c'est Kweli qui m'a déçu. J'ai trouvé qu'il avait perdu en flow. Donc comme quoi, les gouts et les couleurs...
Au départ, la chro a été publiée sur le fofo 'On The Corner' (que je ne peux que te conseiller pour les crate diggah qui le fréquentent), et j'avais mis 10. Et là en plus de faire polémique on m'a reproché de pas le noter comme je le fais d'hab, donc je rectifie le tir sur le blog pour rester concordant avec ma réelle pensée. Alors ouais chro sévère même hyper sévère mais je le fais pas pour descendre le skeud ni avec un comparatif avec le premier. J'ai vraiment pas aimé et ça a été une galère pour trouver des choses positives dans cet album. Sinon pour Kweli si tu as pas trop adhèré à Eardrum c'est normal d'avoir du mal avec lui
Si justement, pour moi Ear Drum est une mini-révolution.
Je commence à bien rentrer dans le skeud, je gratterai ma chro bientôt mais se sera plutôt positif pour moi ;)
Autant je t'avais "reproché" ta main un peu légère sur certaine notation autant là.... ;)
Bref, l'album est assez déroutant, surotut si on s'attendait à un Train of Thoughts 2. Perso, après les quelques extraits lachés, ce n'était pas mon cas et au contraire, je craignais un peu le pire.
Les premières écoutes ont conforté mon 1er avis, tellement les prods de Hi Tek sonnent bcp plus "dans l'air du temps" que précèdemment (Got Work, City Playgrounds, l'inaudible Get Loose...), moins intemporel.
Mais au fil des écoutes, j'ai un peu relativisé et constrasté mon impression sur le skeud. Au final, je me réécoute toujours certaines tracks avec plaisir: Back Again, la prod est légère, ne casse pas des briques mais reste sympa, le refrain pas très recherché mais pas désagréable, mais surtout la perf de Kweli est impressionnante; Strangers pour la présence de Bun B, Ballad of The Black Gold, Just Begun, Long Hot Summer, la magnifique Ends (bien qu'étonnamment je ne sois vraiment pas fan du refrain de Bilal), My Life... Quelques sons loin d'être désagréable pour ma part.
Kweli m'impressionne toujours, je trouve son flow toujours aussi technique, tonique et ses lyrics bien taffées.
Bref, un album inégal, plus facile d'accès pour un plus large public qu'un Train Of Thoughts.
13,5/20
Salut, comme dit au dessus, album plus "mainstream", je l'ai ecouté 2 fois, j'ai laché l'affaire... je prefere me réécouter le soul of mischief qui est un chef d'oeuvre, voire le roc marciano et d'autres... 8/20 et je suis généreux...
Salut, comme dit au dessus, album plus "mainstream", je l'ai ecouté 2 fois, j'ai laché l'affaire... je prefere me réécouter le soul of mischief qui est un chef d'oeuvre, voire le roc marciano et d'autres... 8/20 et je suis généreux...
Drill,
j'aurais pas pu dire mieux. on a ressenti la même chose en écoutant cet album. hi-tek a perdu la main (déja depuis +Hi-Teknology 3+).
big up a Kweli toujours au top.
+Ballad of the Black Golg+, +Ends+ et +My Life+ sont les trois seuls morceaux que j'écoute.
heureusement qu'ils l'ont pas appelé +Train of Thought 2+...
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