9 juin 2010

Jimmy Powers - Califoreigners (2010)

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Si l'on pointe souvent du doigt l'essoufflement de la grosse pomme et de ses têtes d'affiche, le constat reste le même du côté ouest des Etats-Unis. Si les têtes d'affiche restent présentes, la qualité, elle, est aux abonnés absents. Et ce n'est pas les derniers essais de Kurupt et Snoop Dogg qui viendront contredire ce constat. Alors bien sûr, la côte ouest survit, et pour meilleur exemple Brotha Lynch Hung continue à enchanter les aficionados de la branche dark avec son Diner & A Movie. Autre point de satisfaction, l'émergence d'une scène large et multi vibe qui fleurît dans tous les coins, à l'image du beatmaker Oddissee ou du mc Fashawn (que l'on aime ou non leur vibe). Alors pourquoi se priver du plaisir d'aller digger chez les newbies et de faire une halte devant Califoreigner. Ce LP de 12 titres délivré par Jimmy Powers, originaire de San Diego, ne donnera surement pas satisfaction aux fans de G Funk mais son atmosphère baignant dans le Hip-Hop classic agrémenté par des ondes californiennes devrait plaire aux oreilles de tout Hip-Hop headz.


Plus qu'une présentation de Jimmy Powers, cet album permet, en cas d'oubli, de se rappeler de l'importance et du poids de la scène de San Diego dans le rap. SI vous en doutez, il suffit de regarder la liste des guests sur cet album tous originaires de la ville. De Slaine à Blame One en passant par Copywrite, Jimmy Powers amène des témoins de poids pour l'épauler dans cette première galette.
S'il fallait deux minutes pour se faire un avis sur le potentiel d'un mc, l'intro, Keep It Short (Verbz à la prod.), devrait, alors, aisément satisfaire tout auditeur récalcitrant. Jimmy Powers a beau avoir tout du blaze prêt pour accoucher d'une bonne vieille daube eurodance, on comprend dès les premières barz que le mc est venu ici pour splitter à tout va. Et dans ce domaine, le mc tient la barre du début à la fin sans endormir l'auditeur et cela, même quand le premier défi du disque n'est autre que Slaine. Pas besoin de faire un dessin, Slaine est LE mc à plus fort potentiel actuel. Tout seul ou en guest, le mc affilié à la Coka Nostra ne passe jamais à côté et ce n'est pas sur Classless (de Mr Ridley) que Slaine faillira. Si Jimmy Powers ne sublime pas son guest, il arrive à suivre la cadence. Rien d'étonnant si l'arrivée de Blame One sur True Currency n'est qu'une formalité pour ce jeune mc habitué au rap battle depuis le biberon. Cette mise à l'amende devrait surement pousser l'ex retraité des bacs, Blame One, à pousser une nouvelle complainte contre les ignorants complètement insensibles à son « don ».

Mais c'est aussi en solo que l'on découvre le mc, et côté portrait, Same James produite par LONEgevity, permet de présenter avant tout un vrai amateur de rap. Derrière le mc, il y a les influences (Mobb Deep) et son vécu de rue sans le surchargé de violences et de ses litres d'hémoglobines sortis d'un film de Rob Zombie. C'est peut être cette impression de proximité entre le mc et l'auditeur qui permet à l'album de prendre toute sa valeur. Car disons-le si l'album est dans l'ensemble très bien produit, on ne peut cacher que 90% de l'album est rempli de samples largement cramés (New Era News de Mr Ridley), utilisés auparavant (Janice Marie encore Mr Ridley épaule par Verbz) ou tout bonnement raté (Which Way Is Up de Verbz). Pour autant on se contente de se faire baffer par des moments de sublimation comme sur Troops (Verbz), Worth et le très old school Shits & Giggles de Weirdo du collectif Crazeology (plus en forme que sur Integritty de Kool Sphere) où Copywrite amène une bonne dose de folie.

Dire que ce Califoreigners restera dans les annales serait très présomptueux, limite hypocrite. Par contre, cet essai permet à Jimmy Powers de s'ajouter au lot de mc très performant de la ville de San Diego. Bon splitter, Jimmy Powers a su attendre le bon moment pour passer des rap battles au format LP. Pour un deuxième LP, une meilleure équipe de producteurs ne serait pas de trop pour l'épauler.



13,5/20

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Merci pour tes chroniques c'est vraiment bien fait ton blog.