Vous êtes un petit label noyé dans l’océan des labels et des majors ? Vous cherchez un moyen de faire de la promo pour votre structure et vos artistes ? Et en plus de ça votre budget marketing est aussi lourd que votre budget baguette mensuel ? Pas de panique, Man Bites Dog Records a la solution pour vous. Ce petit label loin d’être cité en référence possède quelques poulains de haut niveau comme Killah Priest, Copywrite ou encore du beatmaker Jay Note. Un catalogue loin d’être ridicule mais pour autant M.B.D. reste dans un anonymat de circonstance. Alors quitte à prendre des risques autant mettre en avant le devenir plutôt que le passé. Chose faite avec ce Man Bites Dog Records Vol. 1 qui n’est pas une compile mais un catalogue des futures sorties du label. Que de l’inédit, donc, mais chaque morceau fait partie des prochains albums des artistes du label. Idée plutôt intéressante car si le contenu se révèle qualitatif l’auditeur se forcera à écouter les futures sorties. Encore faut-il que le contenu de ce volume 1 soit à la hauteur pour susciter un engouement réel…
Man Bites Dog Records ne se détache pas des autres labels au final, car à part promettre un haut degré de qualité (ce qui n’est pas forcément le cas) dans leur livraison tout en combinant l’amour immuable du Hip-Hop par le staff, M.B.D. n’essaie pas de vendre un concept ni une originalité. Pire, en six ans d’existence, le label semble en pleine disette de sorties, avec un maximum d’une sortie par an, M.B.D. est loin d’être un label prolifique. Chose qui aurait pu s’évanouir par l’apport qualitatif de ces quelques sorties mais là encore on ne peut pas dire que le label arrive à transcender les auditeurs par des masterpieces. Un début anecdotique, un catalogue peu fourni et une image absente, Man Bites Dog Records semble jouer son vatout avec cette présentation.
Se sont les têtes de série qui sont à l’honneur sur ce volume 1 ce qui est cohérent puisque Killah Priest va sortir incessamment sous peu son ‘The 3 Day Theory’ et Copywrite & RJD2 leur ‘Life and Times of Peter Nelson’. On est là pour mettre l’eau à la bouche et non pour rassasier l’auditeur. Pourtant si avec Forever & A Day le binome Copywrite et RJD2 tape fort, on semble un peu moins emballé avec Democracy de Killah Priest accompagné d’un Canibus toujours en manque d’inspiration et obligé de recycler ses discours… Mais le réel intérêt de cette présentation revient aux newbies du label. Jay Notes au mic et à la prod sur The Hercaleez donne la réplique à Empuls sur un beat funcky vitaminé le tout arrosé d’un petit hook vocal très addictif. Si le rendu qualitatif de Jay Notes n’est plus à démontrer, le label a bien compris que le bonhomme est leur avenir (voir leur survie) ce qui explique que 80% de ce disque est consacré à son travail et sa prochaine sortie ‘Swashbuckler’ qui se voit attribuer 3 morceaux dont le très trippant Never Ending des Heltah Skeltah qui vaut vraiment pour son hook digne d’un opéra caverneux. Second extrait avec le vétéran Akrobatik qui vient poser son delivery agressif sur The Lights, une franche réussite même si un ingrédient semble manquer pour que la sauce prenne complètement. On retrouve cette petite frustration sur Year Of The Gun, dommage pour Killah Priest, Inspectah Deck et Royce 5’9 venus en renfort sur cette track.
Autre cheval de l’écurie Man Bites Dog, Sinista Daniro avait vécu un échec cuisant après sa 1ère sortie passée inaperçue en 2009. Sur Devils Runs Wild produit par Kount Fif, le natif de Baltimore se rattrape bien aidé par un petit reef de guitare qui, sur la longueur, peut devenir rébarbatif.
Le label voulant jouer la carte de l’éclectisme, le soulman/mc Redd Mudd vient nous pourrir les timpans avec l’immonde My Cock Don’t Crow qui mérite une écoute unique rien que pour les paroles. Et dire que sur Trying To Escape, le soulman se métamorphose en mc pour notre plus grand plaisir. Voguant sur le succès actuel du duo Gnarls Barkley, Jason Rose nous embarque dans son délire psychédélique sans réussir à nous élever, The Great Demise reste anecdotique.
Le reste de la cargaison reste de bonne facture sans pour autant surélever le niveau assez sympathique mais sans grande originalité de ce cd. A retenir, les prestations de Emplus, vraiment intéressant sur One Card Stud et Hey Kool Aid, et le delivery de psychopathe de Copywrite sur Underground Overlord. Petit clin d’œil à ICON The Miic King qui délivre une fois de plus une prestation de très haute facture sur Hurry Up & Wait.
Bonne stratégie adoptée par Man Bites Dog pour se faire connaître. Il est sur que le résultat est loin de concurrencer des VA de labels du type Soundbombing mais l’effort reste intéressant. Ce qui est sur, par contre, que l’on adhère ou non à cette présentation, le nom de Man Bites Dog Records se fera plus identifiable à l’avenir. Surtout qu’en termes d’avenir, les Empuls et Sinista Daniro au mic ainsi que Kount Fit, Jay Notes et Royal Safari ont démontré un potentiel intéressant qui mérite attention.
14/20

2 commentaires:
Ca m'a l'air kiffant ton truc je vais voir ce que ça donne ta chronique donne envie en tout cas.
un bon petit projet ni plus ni moins et qui a la particularité de vivre plus par ses nouvelles t^tes que part ses piliers.
C'est sorti assez discrètement puisque seulement 500 exemplaires ont été commercialisés (bizarre comme façon de faire...)
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