7 juil. 2010

Rozewood - 2012 (2010)





Si le rap a longtemps (et continue de) souffrir du mépris d’une certaine intelligentzia mondiale catégorisant cette forme de musique grossièrement dans la case « sous-culture », aujourd’hui, il est sur que les mcs font partie de l’univers sans limite des artistes musicaux. Par contre là où le rap manque d’une touche créatrice c’est bien dans les pochettes de certains albums. Et dans ce domaine le rap excelle en immondice, et ce n’est pas une question d’époque, la preuve Ghostface Killah et son Ghostdinih choque de part sa grossièreté et son ridicule. Pa besoin de débattre sur la différence entre le support et le contenu, sachant que ce dernier prime évidemment sur l’ensemble. Par contre, certaines pochettes peuvent attirer l’attention et déclencher, subitement, une forte curiosité pour le contenu. Dernier exemple en date, la pochette du 2012 de Rozewood. Inconnu à mes oreilles, la pochette assez sombre sur un NY poussiéreux et l’énigmatique 2012 barré m’ont poussé sans rationalité à plonger mes oreilles dans cet essai. Et bien la curiosité a beau être un vilain défaut, elle permet aussi de sortir des sentiers tout tracés et de tomber sur des perles.

Le soleil a beau refaire son apparition sur New-York avec un goût d’été assez prononcé, ce n’est pas une ballade main dans la main sur la Skyline de Brooklyn que vient vendre Rozewood mais bien un album noir et crade sous forme d’une ballade solitaire dans les rues défraichies de son corner. Rangez la crème solaire et annulez votre session Shoppin’ à Banana Republic, car la ballade proposée par  Rozewood sent fortement la poudre à Glock et la crasse ambiante sans pourtant basculer dans l’horreur ce qui dommage pour un natif d’Amityville. 

L’ambiance reflétée par la pochette se retrouve au niveau musical avec des compositions à base de samples boombap efficaces même si déjà utilisés maintes et maintes fois. La durée du CD n’excédant pas 10 titres, le recyclage des samples ne plombe pas l’ensemble. De son côté Rozewood joue la carte du story tellin’. Choix judicieux, car si le mc livre une prestation de bonne facture, il ne marque que très peu les esprits au niveau du flow. Pas de thématique particulière, Rozewood enchaîne un storytellin’ général sur la vie en racontant aussi bien les bons que les mauvais moments. Mais bizarrement, l’optimiste est assez présent ce qui est assez contradictoire avec l’ambiance sombre du cd et les boucles très mélancoliques des productions.

Avec 10 titres, il était forcément aisé d’éviter de se plomber avec des tracks vilaines mais pour autant la fin de l’album est un tant soit peu indigeste, si It’s A Beautiful Life ne risque pas de vous arracher l’oreille le côté très polly pocket de la tracks peut créer des nausées.  La version Original d’Anatomy me rebute personnellement et n’a aucune continuité avec le concept de l’album.

Mais heureusement le reste de l’album est un enchainement de très bonne tracks en commençant par le très Mobb Deepien Undertaker suivi par un très bon travail de DJ Phantom sur Prelude To A Funeral, ou encore Mistakes. On prendra un petit coup de guronsan grâce au remix de DJ Kryptonite d’Anatomy et on finira avec la masterpiece du CD Embryo et son sample de saxo d’une efficacité redoutable et résumant à elle seule ce 2012.

Adoubé dernièrement par DJ Premier, Rozewood livre un premier essai sans prise de risque. Avec 10 titres, il est encore difficile de savoir si le mc sera une des valeurs sûres de cette nouvelle décennie. En attendant un projet de plus grande ampleur, Rozewood continue de délivrer ses prestations sur mixtape.



14/20



2 commentaires:

SnowgoonS a dit…

Cette fameuse cover... à l'écoute de It's A Beautiful Life j'ai commencé à avoir des nausées, pour Anatomy même si j'ai eu du mal au début j'ai fini par bien l'apprécier mais oui elle fait un peu tache au niveau de la ligne directrice du skeud.
Sinon c'est du tout bon, hâte de voir ce qu'il peut donner sur 14 15 titres.

Crazy Horus a dit…

Pas mal cet album, bien kiffé, un poil sombre avec des samples bien sentis. Bon ça casse pas des briques mais ça reste largement écoutable et fait avec sérieux. Le début du skeud met les choses au clair : "Undertaker", "Prelude To A Funeral" et "Mistakes. 14/20