L’année 2009 serait-elle celle du renouveau du Wu-Tang ? Après les albums des satellites Cappadonna (Slang Protitution) et du Manchild Shyheim (Disrespectfully Speaking), le Wu nous était revenu avec le très surprenant Chamber Musics ouvertement tourné vers les sonorités du 36th Chambers et du Forever. C’est au tour du vilain petit canard du collectif U-God avec son Dopium qui fait suite au très inutile Mr Xcitement de 2005. Pour rappel, U-God n’a jamais été reconnu comme l’égal des autres membres du Wu Tang surtout niveau lyrics où ses prestations étaient très souvent en dent de scie même si sur le 8 Diagrams, on ne pouvait qu’applaudir sa régularité. Niveau solo, U-God peut faire profil bas en présentant la disco la plus faible des membres avec un Golden Arms Redemption sans plus même si certains morceaux sortent du lot et ce Mr Xcitement affligeant. De ce fait, le Golden Arms se trimballe une crédibilité très faible et maintenue par son adhésion au plus grand groupe de rap de tout les temps (n’ayons pas peur des mots) qui ne s’arrange pas suite à ses divers différents avec RZA.
En revenant avec ce Dopium, U-God n’avait pas le droit à l’erreur et l’affiche de cet album annonce un retour à la ligne du Wu, mais est-ce assez pour redorer son blason ?
Disons-le clairement, l’échec de Mr Xcitement a bien été retenu donc fini de bouder dans son coin et retour aux vieilles recettes du Wu avec la présence du crew sur cet album. Si The RZA n’assure pas la production (en plus d'être absent sur les feat.), Teddy Ted & J. Serbe lui rendent un hommage avec l’enchaînement de 3 wu-bangers qui feront plaisirs aux aficionados. Train Trussle où Ghostface s’éclate et un très bon hook reste une très bonne entrée en matière même si le refrain est un brin pompeux. On continue avec un God Is Love toujours aussi efficace où God tient le rythme accompagné par un Killah Priest expert du thème et un Cappadonna un peu en dessous mais qui fait plaisir à entendre. On finit cette entrée en matière avec Stomp Da Roach avec un Genius en meilleure forme que sur son Pro Tools de quoi rassurer, track ayant le droit à un étonnant remix électro des italiens The Bloody Beetroots en bonus track. Ce début d’album met la barre très haute et on sent qu’il va être dure de tenir le niveau même si Lipton produit par 4th Pyramid est d’une efficacité redoutable avec son rif de guitare.
A partir de là, ça se corse un peu avec la track Coke voulant surfer sur le buzz de La Coka Nostra mais qui ne convint pas même avec Slaine en guest qui se contente du minimum syndical et un Raekwon toujours dans le flou et qui ne rassure pas avant la sortie de son Only Built 4 Cuban Linx part 2. Même constat pour Magnum Force, le très vilain Rims Pokin Out avec le peu inspiré Lethaface et le très génant Hips produit par The Twilite Tone mais qui s’améliore au fil des écoutes. On remonte d’un cran avec le très agréable Wu Tang et un Method Man en meilleure forme que sur le Blackout 2, The Large Pro vient en renfort au mic comme pour l’instru sur New Classic. Le titre éponyme Dopium permet à U-God de prouver sa valeur sur une track sans guest et très bien produite par les fameux Teddy Ted and J. Serbe à qui God devra une fière chandelle. On finit par une anecdote franchouillarde avec la présence de Yuksek sur la prod réussie du remix, toujours électro, de Dopium.
U-God s’est fait plaisir et nous fait plaisir en revenant à l’essence de l’univers du Wu. Si l’absence de The RZA à la prod est dommage mais pas dommageable pour autant, on ne peut que féliciter le travail de Teddy Ted and J. Serbe, éduqués au son shaolin, qui nous lâchent les quatre meilleures productions de l’album. Si ce Dopium ne concoure pas au meilleur album solo du Wu Tang, il peut fièrement se ranger dans les meilleurs cds du Wu post 2000. Mission remplie pour le Golden Arms qui sauve sa réputation en affichant une nouvelle crédibilité qui devrait faire taire les haters.
13/20

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire