2 janv. 2010

Bekay - Hunger Pains (2009)



Qui aurait pu croire qu’après le retour du slim au grand désespoir d’une génération traumatisée par des 501 coupeurs de sang au niveau des chevilles, un homme, un seul, allait oser nous ressortir le marcel coupe cintré ??? Et bien vous ne cauchemardez pas Bekay l’a fait !!! Alors certes, Bekay est loin d’être un lanceur de mode et si vous ne le connaissez pas, les prochaines lignes vous en diront plus.


Natif de Brooklyn et secrètement en couple avec son quartier (à moins que les trottoirs de son quartier lui aient donné naissance, prophète ???), Bekay (ah ouais en effet natif et fier vue le blaze) se définit comme un actif participant et défenseur de la cause Hip-Hop. Comme tout ces soldiers dispersés dans les rues sombres de la grosse pomme, Bekay a commencé à raper à l’âge de trois mois mais sa famille et ses proches conscients de la lourdeur de son flow et du tranchant de ses punchlines nous avaient préservé du ravage microphonique jusque là. Mais voilà petit est devenu grand et après plusieurs échecs avec différents labels incapables de comprendre son talent et une reconnaissance via le programme 50 next important Hip-Hop artist et son LP The Horror Flick, Bekay déboule en cette année 2009 pour déclencher un génocide musicale avec son Hunger Pains. Tous aux abris, camoufler vos oreilles, brûlez vos slim, adhérez au marcel et osez le 501 coupé au ciseau au dessus du genou, va y avoir des morts !

Ne croyez pas que Bekay débarque seul car la liste des prodos et des guests en rendrait vert plus d’une centaine de newbie ! Marco Polo, ALC, Illmind, DJ Babu, Shuko ou encore Rothem pour la prod, R.A. The Rugged Man, Heltah Skeltah, Masta Ace, Dilated Peoples ou encore Saïgon pour les feat, vous saignez du nez ? Et bien maintenant vous allez pleurer…

Soyons métaphorique et au lieu de taper dans la chro basique, imaginons une histoire pour expliquer cet album. Vous venez d’emménager dans un appart, votre budget vous a permis de vous payer un « architecte d’intérieur ». Que du bon, même si vous regrettez d’avoir opter, sous pression de l’architecte, à un rose bonbon flashie pour la peinture de votre salon. Tout n’étant pas parfait en ce bas monde, vous faites le deuil de ce petit tracas et décidez d’organiser une bonne pendaison de crémaillère avec vos bons vieux homeboyz. Malheureusement ceux-ci refusent l’invitation à l’exception d’ancien du Gay Murder Crew, connus comme les marteaux pillons de la discothèque le Queen, tous sortis récemment de prison et très heureux de reprendre contact avec vous. Votre caillera attitude n’étant pas incompatible avec votre côté Gay friendly, vous vous réjouissez de cette petite fiesta et dressez une table des grands soirs avec pétales de rose et ambiance musicale alternant entre Mika et Jason Mraz, vous sentez le perfect et riez au nez des participants du jeu « un dîner presque parfait ». Et là, c’est le drame ! Heureux comme un jeune veau découvrant les verts pâturages du Jura, vous n’aviez pas perçu votre soirée comme une invitation à un contact sexuel et passionnel. Et c’est à votre grande surprise que vous vous fêtes sévèrement enculer par toute la troupe, seuls vos yeux encore intactes par cet acharnement peuvent traduire l’immense désarrois ressentit.

Ce qui vient de vous arrivez, n’est pas isolé, et notre ami Bekay vient de le découvrir en musique. Vous avez beau avoir un niveau convenable, il ne sert à rien d’inviter des guests reconnus et de talents sur des prods tout à fait en harmonies avec leur environnement. Car au final, Bekay se fait bouffer sur toute la longueur par ses invités et même s’il alterne avec des morceaux en solo, le mc boit la tasse et rend une copie assez déplorable de lui-même.

Alors l’album n’est pas mauvais en soi, très bien produit, Hunger Pains offre de bon moment comme avec I Am, The Raw, Brooklyn Bridge ou encore Crazy. Mais à force d’être trop gourmand mais aussi trop fixé sur son quartier, Bekay oublie l’essentiel, offrir un album à son juste niveau et sans artifice.




08/20

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