En l’an 2000, la Bay Arena prit tout le monde de court en lâchant deux monstres californiens Planet Asia et Rasco sous le nom de Cali Agents. La brutalité transformée en galette, l’écoute de How The West Was One avait mis tout le monde au diapason par la force des choses. Pour la suite, rien de transcendant mais juste une constance et un établissement dans le paysage musical du rap. Niveau solo, comme dans tout les groupes, il y a toujours un mc qui s’en sort mieux que l’autre sans pour autant basée cette affirmation sur un réel constat. Car si Planet Asia est clairement un mc charismatique et lyricalement affûté, Rasco l’est tout autant mais la vie est loin d’être équitable. Alors histoire de prendre de la hauteur de vue et de ressourcer, quoi de mieux qu’un bon petit trip en autobus pour échanger la « gaieté » de San Franscico contre les cimes urbaines de Seattle. Surtout que dans le fond du bus squatte le beatmaker BeanOne de Seattle. Coincé ensemble dans cet espace confiné pour un trajet de 10 heures et clairement aussi cheap que le prix du billet du Chinatown Bus Service, le duo met en commun leur savoir sur un projet de sept pistes Next Stop : Seattle. Court me direz-vous mais parfois il faut mieux enclencher la touche repeat plutôt que la touche skip surtout quand le revêtement usé de votre siège vous rappelle que les 10$ lâchés pour le trajet sont à la hauteur de la prestation proposée.
25 avr. 2011
Da Circle - 360° Deal (2011)
Le rap serait-il cyclique au point que toute boucle revienne à son point d’apogée : les 90’s ? Si cet avis est tout à fait critiquable, il existe au fin fond de Brooklyn et du Bronx des tueurs à gage microphonique qui adhèrent complètement à cette philosophie. Réunis sous le nom de Da Circle, Fatz et Slim proposent un 360° deal histoire de boucler le cercle. Se considérant meilleurs que 85% du Rap Game, proches d’Immortal Technique qui les avait invités sur Rebel Arms de son The 3rd World, les deux lascars reviennent avec une rage inassouvie suite à l’énorme échec que fut leur premier projet The S.A.F.E. (et pour une fois Statik Selektah y est pour rien). Revenons à la notion même de Circle de l’album, avec 15 track et un intro et une outro, ce 360° deal est sensé englober l’ensemble du mouvement rap, pari osé surtout quand on met en avant une street crédibilité sans avoir confirmé musicalement.
8 avr. 2011
Stamina - Les Règles de l'Art (2011)
« Jamais plus jamais » : Combien de fois, les lendemains de cuite, on se répète cette phrase ? Pourtant on le sait bien avant de s’en plaindre que les mélanges et les malts de mauvaises qualités ne nous laisseront qu’une enclume en guise de remerciement au réveil. Mais indéniablement, on y retourne sûr d’avoir trouvé la formule miracle et la rechute est inévitable. Pour ma ganache, le « jamais plus jamais » s’est réellement produit en octobre 2000, après des années passées à enchainer les malts de qualités supérieures sans surprise au réveil. Puis, on commence à mélanger, les plaintes se font de plus en plus persistantes, la qualité disparait au détriment de la quantité. Et hop, plus rien, on en fait le deuil, on se croit fier, on se vante, laissant les compagnons de mines sur le bas côté. Sûr de mon mental, pourquoi refuser l’invitation de goûter une dernière fois à l’interdit avec un nouveau single barrel « Les règles de l’Art » distillé par deux moines de l’underground parisien Emoaine et Freez de la distillerie STAMINA. Retour en enfer pour autant ? Non juste un péché qui rappelle que la délectation d’un art s’annexe par le savoir-faire de vrais passionnés.
Phil Da Agony & Jolle - Flow Pattern EP (2011)
Plus c’est gros, meilleur c’est ; plus c’est long, plus c’est bon… Plus qui, plus quoi ? Plus rien du tout, oui !!! Aujourd’hui plus c’est court et plus c’est délicieux ! Et n’y voyez rien de tendancieux car ce soir les seuls éléments qui vont s’entrechoquer se résument à un mic et vos tympans. Court mais intense, l’essai qui va suivre ne prouve qu’une réalité faussement renié du rap en général, mieux vaut s’éclater un court instant que se faire chier sur la longueur ! En clair plutôt que de s’enfoncer dans des métaphores boueuses autant aller chopper sur un mini format tel qu’un EP l’efficacité qualitative que le débit effréné, illimité et pourtant illusoire des LP.
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