Il est toujours étonnant de constater comment les choses avancent, changent ou disparaissent. Rien que la notion de groupe et plus particulièrement du combo mc/beatmaker a considérablement évolué. La forme première de ce type d’association avait pour but de perdurer d’où aussi son identification par un nom de groupe. Aujourd’hui, le concept même de groupe permet de faire des rencontres tout en restant indépendant. Et la jeune génération ne s’en prive guère que ce soit pour le pire avec le groupe 1982 composé de Statik Selektah et Termanology ou le meilleur avec les natifs de Detroit The Left. Le groupe est donc devenu une notion court-termiste éloigné du modèle à la EPMD ou Gangstarr. Cette nouvelle pratique est un bon moyen de communication pour le beatmaker qui tient le même rang que le mc, pas de seconde place ni de retrait, chacun est exposé. Dans la pratique il arrive même que ce soit un révélateur de talents, exemple concret avec Sherm Larock, producteur qui s’allie avec Asylum Lifetime pour déposer dans nos oreilles le très intéressant Political Asylum.
Bienvenue dans le Connecticut au Nord-Est des Etats-Unis, aujourd’hui pas de ballade pédestre ni d’enrichissement culturel dans un musée, donc focus sur Sherm Larock et Asylum Lifetime qui combinent leurs efforts pour livrer une galette plus qu’honorable. Political Asylum c’est l’hommage au rap délivré par la scène du Connecticut car les deux larrons ne s’adonnent pas qu’en binôme et ramènent les poids lourds de l’Etat : Blacastan auteur du très apprécié Blac Sabbath (excepté pour moi) que l’on retrouve sur le très fantomatique Time To Build, atmosphère nocturne et froide sur une combinaison efficacité et sur le plus basique Urban Polotics.
L’intérêt premier de cet album reste son efficacité et sa simplicité, pas de fioritures ni d’expérimentation, on prend les manettes et le mic comme il vient et ce côté léger en fait sa réelle valeur. Boucle courte de piano agrémenté de scratch bien ressenti pour Sherm Larock et flow synchronisé pour Asylum Lifetime font de We Run Rap la meilleure illustration de ce sentiment. Même opération avec un reef de guitare et un Vinnie Paz scratché pour Personnal Demons , on pousse le vice un peu plus loin sur un sample vocal pour le titre éponyme et le début de l’album rempli aisément la panse de l’auditeur.
Comme tout album récent, ce projet souffre d’un excès de gourmandise et certaines tracks sont d’un niveau plus basique mais ces baisses de régime ne font pas assez légion pour venir dénaturer ce projet commun.
Album qui aurait mérité une meilleure exposition, Political Asylum comblera volontiers les vides musicaux estivaux de cette année 2011, du très expéditif Put In The Air à l’épopée combative Rifale, la palette est large. On espère que cette combinaison suffira à faire de Sherm Larock et Asylum Lifetime des valeurs montantes comme ce fut le cas en 2010 pour Blacastan.
14/20



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