22 janv. 2012

Evidence - Cats and Dogs (2011)



Quand The Platform envahit les bacs en 2000 et obtient un capital sympathie assez suffisant pour être relayé comme album à fort potentiel, il aurait été surprenant de parier sur Evidence pour être le porte étendard d’une certaine vision du Hip-Hop 11 ans plus tard. Comblant sa timidité par la patience, mais aussi en pariant sur sa double casquette producteur et master of ceremony, Evidence est devenu plus que le membre central de Dilated People : le leader d’une nouvelle scène west coast et le gardien d’une mentalité New-Yorkaise en panne de représentant naturel. Pas une année ne s’écoule sans que le nom d’Evidence ne soit citée et la consécration aboutit en 2007 avec son premier solo The Weatherman LP où il partage la production avec son ami de longue date The Alchemist et les Sid Roams. Glacial et noir comme le titre le laissait pressentir, Evidence casse alors son image un peu trop timorée pour finalement confirmer son talent. S’ensuivra un EP The Layover toujours dans cette lignée qui laissait présager un deuxième essai du même calibre. 2011, Cats and Dogs débarquent sur tous les blogs spécialisés en téléchargement (vu que dans les bacs, l’album fait office de décor et déçoit par des ventes faibles), focus sur une entreprise marketing bien ficelée.

26 déc. 2011

Nekfeu et Alpha Wann - En Sous-Marin




Qu’est-ce qu’il y a de plus énervant que les petits frères qui squattent nos galettes de classique du rap ? Les petits frères qui tentent de faire des classiques de rap. Et dans le genre, il semble que le 1995 et leur Entourage est mis la barre haute. Non pas que les gars nous aient lâché du classique à la pelle (loin de là même), les nouveaux trublions du rap hexagonal collectionnent autant les fans que les haters d’où une massive envie de leur en foutre des coups (de pelle). Ni pour, ni contre, l’année 2011 est sans équivoque la leur. Capables de ramener des bancs de pouf estampillés 5ème arrondissement dans les premières parties des concerts unda de la capitale, l’actu rap se fait par eux ou autour d’eux (ma chronique de 1995 est la plus visitée du blog… J’attends que Sky me contacte pour remplacer Fred…). Aussi péteux que le morveux ayant complété son album panini (arrêtes de te la péter, papa a raqué),  le crew peut même se permettre de faire patienter les médias préférant la communication facebook et leur million de like à chaque état d’âme ou nouvelle « dinguerie ». Bref, t’auras beau aller t’alimenter sur les blogs conscients, t’échappera pas  à ta giclée.

17 déc. 2011

Pete Rock / Smif-N-Wessun - Monumental (2011)




Il y a quinze ans, cela aurait été un événement, la sortie à attendre, le grand favori de l’année. Les médias spécialisés en auraient fait la couverture et il est fort à parier que la radio nationale spécialisée dans les « musiques urbaines » en aurait esquissé quelques lignes entre la diffusion du dernier Menelik et le très street Bambi Cruz. Mais voilà, nous sommes en 2011, et seule la reformation du duo Wayne et Birdman pourrait prétendre à cette ébullition. De leur côté, les nostalgiques ont du se réjouir de la formation d’une association entre les Brownsvillan Tek et Steele aka Smif N Wessun et  du natif du Bronx Pete Rock. Et encore, à en croire certain Pete Rock ne fut jamais la légende prétendue mais juste un cats de Marley Marl et un voleur d’instru. Idée confortée par la frange intégriste des pro-dilla n’adhérant pas du tout à la part d’influence du soul brother envers leur protégé (une divinité peut-elle avoir des influences ?). Quand à SNW, la mascarade autour du projet Cocoa Brovaz et l’aventure désastreuse au sein de Rawkus, n’avaient eu comme effet de les relayer en second couteau du Boot Camp Click, sans motif légitime. Bref ce qui aurait du passer pour un projet majeur de l’année ne fut au final qu’une sortie comme les autres. Bien regrettable car si l’album est loin d’être Monumental, il  reste, à l’heure où j’écris ces mots, l’une des références de l’année.

12 déc. 2011

Apathy - Honkey Kong (2011)

 
Aller viens, tu sais que je suis celle qui fera de toi une référence, un artiste complet et acteur reconnu du mouvement.  Rappelles toi de cette année 2006 où je t’ai sorti de ton Connecticut tout pourri pour te mettre sur le devant de la seine avec Eastern Philosphy. Du matos de qualité, un travail d’écriture reconnu et un flow qui a fait de toi l’un des meilleurs mcs blancs du rap game. Je t’ai amené quelque chose de plus intéressant que l’argent : la reconnaissance. Avec moi tu navigueras de nouveau dans les eaux claires de la fierté.

Ne l’écoutes pas, pourquoi ruiné ton talent à faire des projets construits quand les ventes d’album ne sont même pas au rendez-vous. Souviens toi en 2009 je t’ai offert une vraie daube du nom de Wanna Struggle, insipide mais assez nutritif pour alimenter ta fan base. Peu d’effort et quelques gouttes de mépris t’ont permis de gagner autant qu’en te comportant exemplairement. Cette fois-ci on peut réitérer l’opération sans te crever. Laisses moi rire quand je vois les ventes de ton pote Celph Titled vu le sacrifice autant faire du Doap Nixon.