18 mars 2011

Showbiz & KRS-One - Godsville (2011)


 C’est l’histoire d’un album, au départ, sans prétention mais qui à la vue des noms, KRS-One et Showbiz, associés à ce projet va attirer bien plus que des attentes.  L’histoire de deux gars qui par amour du hip-hop vont livrer un album plus que convenable mais tellement loin de révolutionner le rap que d’un seul coup, ils se retrouvent à damner et à enterrer auprès des centaines d’albums sans âme et sans travail que nous livrent le milieu du rap en général voir même à la limite dans le cercueil daube à en croire certaines critiques. Et l’argumentation derrière tout cela ? Simplement de ne pas être un album où le Flow Boogie Down Productions des 80’s rencontre la vibe D.I.T.C. des 90’s, en clair : que ce Godsville ne soit pas la fusion d’un Criminal Minded avec un Goodfellas.  On est à la limite de la trahison… Pourtant et en toute conscience, 20 ans après, il semble logique et même acceptable de s’attendre à ce type de résultat et la descente en flamme de cet album semble peu sensé quand ces détracteurs émanant de rédaction de sites ou journaux spécialisés Hip-Hop glorifient une scène aussi bobotisée que la nouvelle vague manouche de la pop , euh du rap moderne… Crier à la gloire d’artistes comme le dernier chouchou des rooftop new-yorkais en encensant une soi-disant ouverture d’esprit et cracher amèrement sur un album comme Godsville, restons sérieux deux minutes…

3 mars 2011

DJ revolution presents Malcom and Martin - Life Doesn't Frighten Me (2011)



Pendant des années le Hip-Hop fut un symbole d’expression pour les diverses minorités en souffrance. Là où la rue ne pouvait se faire entendre le rap est arrivé pour porter une voix mais aussi pour rappeler au citoyen lambda qu’autour de lui les invisibles avaient le droit à lumière en toute égalité, ce que Cypress Hill incarnera pour la communauté hispanique fin des années 80. Le radicalisme des mcs au milieu des années 80 démontrait une réelle fracture avec la société bien pensante encore ivre des prémices du Hip-Hop bobotisé distillé sur Midtown et sa capacité à s’organiser pour être considéré comme une réelle menace prenait tout son sens dans la conscience militarisé de Public Enemy ou encore la leadership de KRS-One sur le souffle de Stop The Violence. En clair le spectre de l’égalité des droits civiques se réinvitait dans la société américaine à la plus grande peur des WASP encore très radins dans ce domaine, peur qui devint plus vive dans les années 90 où la jeunesse Hip-Hop demandait une égalité pure et simple  additionnée aux dommages et intérêts subis par leurs aïeux arrivant même à choquer les leaders communautaires et ex chefs de file des manifestations de 70’s. Mais voilà, la le hip-hop comme la vie en général n’est qu’un cycle et une fois arrivé à la fin du cycle on repart à zéro, bienvenue dans les années 2000, fini l’aspect vindicatif et bonjour à toutes formes d’outrance, d’exagération et de…… swag….

24 févr. 2011

Saigon - The Greatest Story Never Told (2011)



Février 2012,  Brownsville quartier de brooklyn, la neige bat son plein, l’air gris et le rouge-orangé des briques des nombreuses « public housing » disparaissent pour rendre un visuel monochrome tacheté de noir comme si la crasse accumulée par des années de politiques sociales de bas étage ne pouvait être recouverte, fatalité génétique collant à l’ADN du neighborhood Brooklynien. La circulation se fait au ralenti sur les trottoirs, les mouvements se font épisodiques, au loin une vieille dame se servant de son cadis comme d’une rampe de sureté sur les trottoirs gelés tandis qu’une bande de jeunes s’amuse à enchainer des glissades dans les descentes. Pour les sans-abris, c’est la survie physique, doudounes empilées les unes sur les autres, squatte arrangé avec des bâches en plastiques trouées et alcool premier prix  pour une sensation de réchauffement très éphémère. Et dans le lot de ces anonymes, un nouveau venu mais loin d’être inconnu Brian Daniel Carenard. Sa condition de SDF, il la vit depuis peu et sans comprendre exactement pourquoi. Le voisinage reste témoin de ses complaintes nocturnes alcoolisées sans se plaindre. Lui n’a pas tout perdu par son mental, il n’est pas la victime comme tant d’autres de la crise des subprimes ou de la crise tout court. Il n’est pas un golden boy qui a tout perdu en bourse ou un drogué fixé à un des nombreux addictifs que la vie distribue. Non, l’homme que l’on nomme Saigon a tout perdu car son destin le prédisposait à enchainer les ratés.

14 févr. 2011

MF Grimm : You Only Live Twice: The Audio Graphic Novel (2010)



Peut-on conjuguer le talent d’un dessinateur de comics au sein d’une famille de nouveaux riches en plein cœur de l’Upper West Side et un attrait pour une vie plus underground sous les habits d’un mc ? L’exemple de MF Grimm porterai à répondre par la négative sauf si vous considérez que se prendre 7 balles dans le buffet vous clouant à vie sur un fauteuil roulant est la parfaite démonstration d’une adaptation sans accro à ces deux mondes.  A y regarder de plus près, l’homme aura vécu à 200 km/h ses passions gagnant des prix pour ses dessins et une reconnaissance par le milieu Hip-Hop comme surement le seul mc capable à aligner une caution assez faramineuse juste pour enregistrer un album en 24 heures ou sortir le seul triple album de l’histoire du rap.  D’une vie aussi atypique, il y en a des choses à raconter et l’arrivée de You Only Live Twice: The Audio Graphic Novel en cet été 2010 est une bonne combinaison pour nous faire partager son univers.